L’ouverture de la session ordinaire de mars 2026 à l’Assemblée provinciale de la Tshopo s’est déroulée dans un climat d’espoir. Dans son allocution solennelle, le président de l’organe délibérant, l’honorable Mateus Kanga Londimo, est longuement revenu sur la crise institutionnelle qui a opposé, durant près de cinq mois, les deux principales institutions provinciales.
D’un ton mesuré, mais ferme, le speaker de l’Assemblée n’a pas éludé les tensions qui ont marqué cette période. « Vous n’êtes pas sans ignorer que la province a connu un moment de divergences sur le plan institutionnel », a-t-il rappelé à ses collègues députés provinciaux, qualifiant ces dissensions d’« exercice normal de la démocratie », où débats, contradictions et même tensions trouvent leur place dans le respect des prérogatives légales et constitutionnelles.
Pour illustrer son propos, Mateus Kanga Londimo s’est référé à la pensée de Thomas Sankara : « L’esprit d’un peuple se forge dans la lutte et dans le débat ». Une citation lourde de sens, utilisée pour légitimer les passes d’armes institutionnelles tout en appelant à en tirer les leçons nécessaires. Il a admis que « personne n’a été sanctifié » et qu' »aucun saint n’a été soustrait« .
Il a reconnu qu’ils n’avaient pas d’autres face à la volonté des plus hautes instances décisionnelles du pays. Une manière de souligner les contraintes politiques ayant pesé sur les acteurs locaux.
Toutefois, l’heure est désormais à l’apaisement. Le président de l’Assemblée provinciale a salué la capacité des institutions de la Tshopo à dépasser leurs divergences pour renouer le dialogue. « Aujourd’hui, les institutions provinciales ont fait preuve de maturité en se retrouvant autour d’une même table à la recherche de l’harmonie institutionnelle », a-t-il déclaré.
Dans cette dynamique de décrispation, Mateus Kanga Londimo a insisté sur la nécessité d’une collaboration sincère entre les institutions, fondée sur le respect strict des compétences de chacune. Un préalable indispensable, selon lui, pour maintenir un climat de concorde et faire face aux nombreux défis socio-économiques qui préoccupent les populations de la Tshopo.
Le speaker n’a pas manqué de saluer les artisans de ce rapprochement. Il a notamment rendu hommage à Doudou Fwamba, qu’il a qualifié de « digne fils de la Tshopo », pour son implication dans la recherche d’un consensus aligné sur la vision du chef de l’État. Dans la même veine, il a exprimé sa gratitude envers les députés nationaux originaires de la province, dont l’engagement a contribué à la réussite des échanges qu’il a qualifiés de « fraternels ».
Au-delà du discours protocolaire, cette intervention marque un tournant dans la vie politique provinciale. Après des mois de crispations, l’Assemblée provinciale de la Tshopo semble vouloir tourner la page des tensions pour ouvrir celle d’une gouvernance concertée. Reste à savoir si cet engagement en faveur de l’harmonie institutionnelle se traduira durablement dans les faits.
FROK
