À Kisangani, dix journalistes de la station provinciale de la chaîne publique viennent de clore trois jours d’immersion intensive aux techniques de vérification de l’information. Une initiative signée Koyekola Center / Balobaki Check, appuyée par la coopération allemande, avec un mot d’ordre clair : blindez les faits avant d’antenne.
Dans une époque où l’intox se propage plus vite qu’un bulletin météo, la riposte s’organise là où on l’attend le plus : au cœur du média public. La session de formation en fact-checking destinée aux journalistes de la RTNC Tshopo a tiré son rideau après trois jours d’ateliers pratiques et sans concession.
S’inscrivant dans le cadre du projet « Pour chaque rédaction, un fact-checker pour veiller à l’intégrité de l’information dans l’espace public », l’initiative a réuni dix professionnels sélectionnés dans le respect strict de l’équité de genre. Au programme : décorticage des sources, traque des contenus manipulés, détection des faux médias et déconstruction méthodique de la désinformation sous toutes ses formes.
« Proposer une information dénuée de tout poison »
Pour la rédaction, il y aura clairement un « avant » et un « après ». Flory NGONGO Kasongo, chef du service des informations TV, s’est fait le porte-voix de ses pairs lors de la cérémonie :
« Durant ces trois jours, nous avons appris à vérifier méthodiquement une information pour garantir au public un produit fiable, purgé de toute désinformation, mésinformation ou contenu malveillant. »
L’intervenant n’a pas manqué de saluer le courage de la facilitatrice, venue transmettre ces outils de pointe malgré le contexte sanitaire tendu lié à Ebola, tout en remerciant la Direction provinciale pour son ouverture.
L’exigence de la pratique quotidienne
Du côté de la facilitation, le message ne s’embarrasse pas de formules de politesse creuses. Madame Madeleine SAKAJI Nikomba a directement mis les participants face à leurs responsabilités. Pas question que ces cahiers de notes finissent au fond d’un tiroir :
« Ne vous arrêtez pas aux notions de base partagées durant ces trois jours. Approfondissez-les et, surtout, intégrez-les dans votre quotidien de rédacteurs. L’objectif ultime est d’amener la RTNC à inscrire ces réflexes de fact-checking au cœur de l’ensemble de ses productions. »
Elle a également tenu à souligner l’engagement de la coopération allemande, bailleur clé du projet, qui avait déjà donné le coup d’envoi de ce cycle national mardi dernier au siège de la RTNC à Kinshasa.
Le devoir de vérité du média public
Clôturant officiellement les travaux au nom du Directeur provincial AWAZI MUGENI YABILI, le sous-directeur audiovisuel ad interim, Laurent GELALISA, a rappelé le rôle névralgique de la chaîne nationale en province. Saluant l’implication des équipes et la synergie fructueuse avec Koyekola Center / Balobaki Check et les partenaires allemands, il a insisté sur l’impératif moral du journaliste public : transformer la vérification en un réflexe mécanique, radio et télé confondues.
À l’heure où les rumeurs menacent l’équilibre social, la RTNC Tshopo vient d’armer ses plumes. Reste désormais à transformer l’essai sur le terrain, article après article, reportage après reportage.
Frok
