Kisangani, 21 septembre 2025. – Dans une ambiance empreinte d’émotion et de solennité, l’Université de Kisangani (UNIKIS) a procédé à une double cérémonie marquant à la fois la collation des grades académiques et la clôture de l’année 2024-2025. À l’esplanade de la bibliothèque centrale, 831 lauréats – dont 195 bachelors du système LMD et 636 licenciés de l’ancien système PADEM – ont officiellement été lancés sur le marché de l’emploi. Ils proviennent de huit facultés et de l’École supérieure de l’hôtellerie et du tourisme.

La cérémonie, présidée par le vice-gouverneur de la Tshopo, Didier Lomoyo Iteku, a réuni membres du gouvernement provincial, comité provincial de sécurité, autorités académiques et familles venues célébrer l’aboutissement d’un long parcours universitaire.
Un diagnostic lucide du recteur
Dans son discours de politique générale, le recteur de l’UNIKIS, le professeur Matthieu Kirongozi Bometa, a surpris par un ton sans détour :
« J’ai compris que notre alma mater a perdu sa place… c’est un défi à relever. »
Ce constat tranche avec le langage institutionnel habituel. Fini les discours d’autosatisfaction, place à l’action, a semblé dire le recteur.
Mesures sociales et relance institutionnelle
Le professeur Kirongozi a annoncé des mesures concrètes pour améliorer le quotidien universitaire. Sur le plan social, il a promis le paiement régulier des indemnités de transport réclamées depuis longtemps par le corps professoral. Aux étudiants des homes universitaires Boyoma 1, Boyoma 2 et Wagenya, il a assuré le rétablissement de la desserte en eau jusque dans les étages supérieurs – un signe d’attention aux conditions de vie estudiantines.
Appel à la responsabilité intellectuelle
À l’endroit des nouveaux diplômés, le recteur a lancé un appel vibrant :
« Devenez des intellectuels capables de trouver des solutions originales aux problèmes de leur pays. »
Un message qui rappelle la vocation patriotique de l’université, appelée à rester un moteur de développement et d’innovation pour la RDC.
Un bilan académique contrasté
Dans son rapport, le secrétaire général académique, le professeur Pionius Katuala, a dressé un tableau contrasté : 13 611 étudiants inscrits, dont moins de 5 000 filles – un déséquilibre de genre encore criant. L’année a été marquée par 27 décès dans la communauté universitaire. Sur le plan scientifique, 41 thèses ont été défendues, dont seulement 6 par des femmes.
Le rapport a également confirmé la fin du système PADEM dans toutes les facultés sauf celle de Médecine, signe du passage définitif vers le système LMD. L’UNIKIS compte aujourd’hui 280 professeurs internes et 50 visiteurs, gage d’une dynamique académique malgré des contraintes persistantes.

Le soutien des autorités provinciales
Clôturant la cérémonie, le vice-gouverneur Didier Lomoyo Iteku a salué le travail abattu par l’université dans la formation de la jeunesse, avenir du pays. Il a inscrit son message dans la vision du chef de l’État et grand chancelier des universités, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui place la formation au cœur de son action pour l’émergence nationale.
Vers une nouvelle ère
Entre constats amers et promesses de redressement, l’Université de Kisangani s’engage dans une nouvelle étape où réalisme, engagement et patriotisme devront se conjuguer.
FROK
