À Bangoka, village situé à 17 kilomètres de la ville de Kisangani sur la Route nationale numéro 4, une nouvelle étape vient d’être franchie dans la valorisation de la chaîne de transformation du manioc en République démocratique du Congo. L’ONG Organisation congolaise des écologistes et amis de la nature (OCEAN) y a installé une unité moderne destinée à produire de la farine panifiable ainsi que de la farine de manioc de haute qualité.

L’unité est composée d’une râpeuse industrielle, d’une presse hydraulique, d’un moulin et d’un séchoir industriel. Cette infrastructure marque une avancée importante pour les producteurs locaux longtemps confrontés aux difficultés de transformation et de conservation du manioc.
Sous l’accompagnement technique des experts de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), les premiers essais de fonctionnement des équipements ont été effectués avec succès.

Selon Simon Lukombo, expert de l’IITA venu de Kinshasa, le processus débute dès la récolte. « Après avoir récolté le manioc dans les champs hier, les femmes ont procédé ce matin à l’épluchage avant le lavage », explique-t-il.
Le manioc est ensuite introduit dans une râpeuse motorisée pour obtenir soit des cossettes, soit une pâte. Cette dernière passe dans une presse hydraulique ou mécanique afin d’éliminer l’excès d’eau et de réduire les composés toxiques naturellement présents dans le tubercule.
L’étape suivante consiste à utiliser un séchoir industriel, une innovation qui réduit considérablement le temps de séchage tout en protégeant le produit contre les contaminations extérieures. Une fois sec, le manioc est transformé en poudre grâce au moulin industriel pour obtenir une farine répondant aux standards de qualité.

Pour Florent Kay, coordonnateur national de l’ONG OCEAN, ce premier test technique est concluant. Il parle d’un « franc succès » qui ouvre la voie à la production à grande échelle.
Il précise que ce projet pilote de quatre ans, financé par la Fondation Roi Baudouin, est mis en œuvre à Bangoka, au PK17 sur la RN4 près de Kisangani, dans l’objectif de renforcer la chaîne de valeur du manioc en RDC.
Depuis 2024, les communautés locales bénéficient déjà de formations en agroforesterie, combinant la culture du manioc avec des arbres fertilisants ainsi que des cultures pérennes comme le cacao et le café. Plus de 40 hectares de champs ont été aménagés entre le PK15 et le PK20.
Un hangar de transformation relié au réseau de la SNEL a également été construit avant d’être équipé de ces nouvelles machines.

Après l’appui en boutures et les formations techniques assurées par l’IITA, cette phase expérimentale vise désormais à évaluer les performances des équipements, produire des échantillons conformes aux normes exigées et identifier les variétés de manioc les plus adaptées à la transformation industrielle.

Sur place, les paysans membres du Comité local de développement de Bangoka saluent cette initiative qu’ils considèrent comme une opportunité de transformation économique pour leur communauté. Ils remercient l’ONG OCEAN pour ce projet qui pourrait améliorer durablement leurs revenus et réduire les pertes post-récolte.
FROK
