Kisangani, le 15 juin 2025 – Il flottait ce samedi dans la doctorale de l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) de Kisangani un air de gravité mêlé d’enthousiasme. Devant un public nombreux et attentif, composé d’enseignants, d’étudiants, de professionnels de santé et d’invités de divers horizons, une conférence scientifique de haut niveau s’est tenue autour d’un thème aussi essentiel qu’exigeant : la philosophie des soins d’urgence.

Une vision portée par une direction engagée
La rencontre s’est ouverte sur les mots du Chef de Travaux Muhindo KADEU Justin, Secrétaire Général à la Recherche. Avec conviction, il a salué l’élan insufflé par le Comité de gestion de l’ISTM, rendant un hommage appuyé au Professeur Désiré ISETCHA TAWITI, Directeur Général de l’établissement. Ce dernier est crédité d’avoir replacé la recherche scientifique au cœur de la formation, contribuant à hisser l’ISTM au rang d’institution de référence dans la formation de techniciens de santé compétents, présents dans les hôpitaux de toute la République.
Soigner dans l’urgence : une question de principes
Le cœur de la conférence fut animé par le Chef de Travaux Trésor LINGOMBELE BOLOMBA, médecin au Centre Médical Shukrani et enseignant à l’ISTM. Son exposé, à la fois rigoureux et profondément humain, a porté sur les fondements philosophiques et éthiques des soins d’urgence.
« Agir vite, oui, mais avec sens, avec méthode, et surtout avec humanité », a-t-il résumé, en déclinant les grands principes qui doivent guider toute intervention dans les situations critiques. Car au-delà des gestes techniques, il s’agit d’abord de préserver ce qu’il y a de plus sacré : la vie.

Entre méthode et équité
Le CT LINGOMBELE a rappelé combien l’approche ABCDE et le triage médical sont essentiels pour prioriser les soins selon la gravité clinique, sans se laisser influencer par des facteurs extérieurs tels que le statut social ou l’origine du patient. « L’urgence n’a ni couleur ni classe », a-t-il affirmé avec force. L’équité et l’universalité des soins doivent, selon lui, constituer le socle moral de toute pratique en médecine d’urgence.
Il a également insisté sur la nécessité de synergie entre les professionnels : médecins, infirmiers, techniciens, tous unis dans un seul objectif – sauver des vies. Le travail d’équipe, a-t-il souligné, est souvent ce qui fait la différence entre une issue fatale et une prise en charge réussie.
Un regard lucide sur les réalités du terrain
L’intervention ne s’est pas limitée à la théorie. Le conférencier a plongé l’auditoire dans les réalités du terrain : patients arrivant avec des croyances ancrées, soupçons d’empoisonnement, refus de soins pour des raisons religieuses… Autant de défis que les soignants doivent apprendre à gérer avec discernement.
Face à cela, il plaide pour une formation continue, qui ne se limite pas aux savoirs techniques, mais englobe les compétences humaines, relationnelles et éthiques indispensables pour naviguer dans ce champ miné.
Un dialogue fécond
La conférence s’est achevée par un moment d’échange intense. Les questions fusaient, les réflexions s’affinaient, témoignant de l’intérêt profond suscité par le thème. Enseignants, chefs de sections, étudiants et visiteurs n’ont pas manqué de saluer la clarté et la pertinence du propos.
Au final, cette journée aura été bien plus qu’une conférence : une invitation à repenser la médecine d’urgence, non comme une simple série de gestes techniques, mais comme une démarche profondément humaine, ancrée dans la science et éclairée par l’éthique.
Une chose est sûre : à l’ISTM Kisangani, l’urgence n’est pas seulement une affaire de secondes… mais aussi de sens.
