Crise à l’Assemblée Provinciale du Maniema : Claude Foreman Makonga éjecté du perchoir sous de lourdes accusations

Redaction
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C’est un tournant majeur dans la vie politique du Maniema. Ce mercredi 07 mai 2025, l’hémicycle provincial a vécu l’une de ses plénières les plus décisives et tendues de ces dernières années. L’honorable Claude Foreman Makonga Toboka Iki, président de l’Assemblée Provinciale, a été évincé de son fauteuil dans un climat de défiance généralisée et de tension contenue. Sur les 19 députés provinciaux ayant répondu à l’appel, 18 ont voté en faveur de son départ. Une claque politique d’autant plus cinglante que seuls trois députés manquaient à l’appel dans un organe qui en compte 22.

L’élu de la circonscription de Kasongo est accusé d’une série de dérives qui relèvent à la fois de la morale publique et du droit pénal. En tête des griefs : la spoliation des maisons de l’État, une gestion opaque des affaires de l’Assemblée, mais surtout un fait choquant et sans précédent dans les annales locales — la profanation de tombes pour s’approprier indûment une parcelle foncière. Ces accusations, relayées avec fermeté par l’honorable Blaise Bitangalo Mwenda, élu de Pangi, ont précipité une procédure d’éviction suivie d’une mise en accusation en bonne et due forme.

L’onde de choc est profonde. Longtemps considéré comme un acteur clé du jeu politique local, Claude Foreman Makonga tombe aujourd’hui de son piédestal dans un silence assourdissant de ses anciens alliés. La plénière, d’abord redoutée comme le théâtre de possibles tensions, s’est finalement déroulée sans incident majeur — « il y avait plus de peur que de mal », confie un député sous anonymat, visiblement soulagé que la transition ait pu s’opérer sans heurt.

Le dossier est désormais entre les mains de la justice provinciale, et les regards sont tournés vers la suite de la procédure : une audition formelle, voire un éventuel procès, pourrait suivre dans les jours à venir. Pour les habitants du Maniema, longtemps témoins impuissants des dérives d’une élite politique jugée éloignée de leurs préoccupations, cette décision marque peut-être le début d’une nouvelle ère de redevabilité.