Isiro, 27 juin 2025 — Une crise sanitaire majeure se profile dans la province du Haut-Uele. Les stocks d’antirétroviraux (ARV), médicaments essentiels pour les personnes vivant avec le VIH, sont pratiquement épuisés, plongeant environ 37.000 patients dans l’incertitude et le désarroi.
Avec seulement 11.000 comprimés encore disponibles à Isiro, le seuil critique est largement dépassé. Selon les autorités sanitaires provinciales, cette quantité ne représente qu’une infime partie des besoins actuels. « Nous sommes à quelques jours d’une rupture totale. Cela met directement en péril la vie de milliers de personnes sous traitement », avertit un responsable de la Division provinciale de la santé.
Un impact sanitaire potentiellement dévastateur
Le manque d’ARV pourrait entraîner la résurgence de complications graves : rebond de la charge virale, progression accélérée de la maladie, augmentation de la transmission communautaire, et même des décès évitables. Les professionnels de santé redoutent aussi un recul des acquis du Programme national de lutte contre le VIH/SIDA (PNLS), dont les objectifs sont aujourd’hui clairement menacés.
Une crise structurelle aggravée par le désengagement international
À l’origine de cette situation, la rupture du financement d’un projet soutenu par le Fonds mondial, jusque-là principal pourvoyeur de ressources pour la lutte contre le VIH/SIDA en RDC. La suspension ou la réduction de son appui a provoqué un effondrement de la chaîne d’approvisionnement, particulièrement dans les provinces enclavées comme le Haut-Uele.
Un appel pressant au gouvernement central
Face à cette urgence, les autorités sanitaires locales interpellent Kinshasa. Elles réclament un acheminement rapide des lots de médicaments encore stockés dans la capitale, afin de soulager les structures sanitaires de l’arrière-pays. La situation est d’autant plus préoccupante que le Haut-Uele occupe la troisième place des provinces les plus touchées par le VIH en RDC, avec des zones minières et reculées particulièrement vulnérables.
Risques de retour en arrière
Si aucune réponse concrète n’est apportée dans les jours à venir, c’est tout l’édifice de la lutte contre le VIH dans cette province qui pourrait s’effondrer. Dépistage, suivi médical, prévention de la transmission mère-enfant, suppression virale : tous les piliers du plan national pourraient être remis en question.
En attendant une réaction des autorités nationales, les professionnels de santé du Haut-Uele craignent le pire. « Sans médicaments, tous nos efforts sont réduits à néant », conclut, amer, un médecin du centre de traitement d’Isiro.
