La province de la Tshopo est de nouveau secouée par une crise institutionnelle d’envergure, mettant aux prises le Gouverneur Paulin LENDONGOLIA LEBABONGA et le Président de l’Assemblée provinciale, Mateus KANGA LONDIMO. Le bras de fer qui s’est engagé entre les deux autorités provinciales rappelle, à plus d’un titre, le scénario politique explosif de 2010 dans l’ex-Province Orientale, lorsque le gouverneur Médard AUTSAI ASENGA s’était opposé frontalement au président de l’Assemblée provinciale de l’époque, Léon Déon BASANGO MAKEDJO, d’après la tribune de TSHIMANGA LUKUSA PITCHOU, politologue de formation à l’université de Kisangani et actuellement chef de travaux à l’université pédagogique nationale ( UPN) et au CRESH, trinune parvenue ce jeudi à depechesdelatshopo.com
Rappel historique : un précédent révélateur
En 2010, le climat politique dans l’ex-Province Orientale s’était sérieusement dégradé à la suite d’une motion de défiance déposée contre le gouverneur AUTSAI ASENGA. Si ce dernier avait réussi à échapper à la destitution, la crise s’était paradoxalement retournée contre son adversaire institutionnel : le président BASANGO, frappé par une pétition orchestrée par ses pairs députés. Ce renversement de situation s’était soldé par sa démission, laissant un goût amer d’instabilité et de manœuvres politiques dans la gestion des affaires provinciales.

Tshopo 2025 : l’histoire semble se répéter
Quinze ans plus tard, la Tshopo semble rejouer le même film. Une pétition visant à écarter le bureau de Mateus KANGA vient d’échouer, la majorité des députés provinciaux ayant refusé de s’y rallier. Cependant, dans un climat politique déjà chargé, une motion de défiance vient d’être déposée contre le gouverneur Paulin LENDONGOLIA, accusé par ses détracteurs de gestion approximative et de manque de concertation.
Cette situation de « motion contre motion » illustre à quel point les institutions provinciales se retrouvent piégées dans un cycle de rivalités politiques, où les équilibres de pouvoir priment sur les priorités sociales et économiques. Pour le chercheur Tshimanga Lukusa Pitchou, cette crise n’est pas anodine : elle traduit les fragilités structurelles de la gouvernance provinciale en République démocratique du Congo.
Une crise de gouvernance aux conséquences multiples
Selon lui, « lorsqu’un conflit entre les deux têtes d’une province se transforme en guérilla politique permanente, ce sont les projets de développement, la stabilité et la crédibilité de l’action publique qui en pâtissent ».
Les retombées sont déjà perceptibles : blocage administratif, ralentissement des initiatives provinciales et perte de confiance des citoyens envers leurs institutions.
Le chercheur insiste : « La Tshopo n’a pas besoin d’un duel d’ego, mais d’un partenariat institutionnel sincère. La gouvernance provinciale doit cesser d’être un champ de bataille pour devenir un espace de concertation, de responsabilité et de résultats ».
Appel au dialogue et à la responsabilité politique
Face à ce climat délétère, TSHIMANGA LUKUSA PITCHOU appelle à un retour urgent au dialogue, à la primauté de l’intérêt général et à une lecture patriotique de la situation.
Pour lui, « la véritable grandeur d’un dirigeant se mesure à sa capacité à privilégier la stabilité institutionnelle et la cohésion sociale sur les querelles partisanes ».
La Tshopo, riche de ses potentialités humaines et naturelles, mérite mieux qu’une paralysie politique. Il est temps, conclut-il, que les acteurs provinciaux renouent avec l’esprit de responsabilité, afin d’éviter que l’histoire de 2010 ne se répète sous une autre forme, au détriment du développement et du bien-être collectif.
