Tshopo : « Aucun cas d’atrophie mystique de sexe n’a été scientifiquement constaté » précise la DPS au vice-gouverneur.

Redaction
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Une tragédie d’une rare violence secoue la province de la Tshopo. Quatre agents de la Division Provinciale de la Santé (DPS) ont été brûlés vifs, le lundi dernier, dans le territoire d’Isangi. Ces professionnels, en mission officielle d’évaluation de la campagne de vaccination, ont été pris à partie par une foule en colère, les accusant à tort d’être à l’origine d’un prétendu phénomène de disparition mystique d’organes génitaux.

Ce drame, d’une cruauté inqualifiable, a provoqué une onde de choc dans tout le secteur sanitaire de la province. Le climat d’émotion et de consternation est palpable aussi bien à Kisangani qu’au sein des structures sanitaires périphériques.

Une délégation sanitaire reçue par le Vice-gouverneur

Au lendemain de ce drame, une délégation conduite par le ministre provincial intérimaire de la Santé, composée notamment du chef de division provinciale et du président du Conseil provincial de l’Ordre des médecins, a été reçue en audience ce mardi par le Vice-gouverneur de province, M. Didier Lomoyo Iteku assumant l’intérim du gouverneur en mission.

Face à cette délégation, les responsables sanitaires ont exprimé leurs vives inquiétudes quant à la sécurité des agents de santé dans les zones de mission, surtout dans un contexte où la désinformation et les croyances mystiques refont surface. Ils ont également souligné qu’aucun cas de mutilation ou d’atrophie mystique des organes génitaux n’a été scientifiquement constaté dans les zones de santé de la Tshopo.

Une condamnation ferme et l’ouverture d’une enquête

Dans sa réaction, le Vice-gouverneur Didier Lomoyo Iteku a condamné « avec la plus grande fermeté » cet acte barbare, qu’il a qualifié d’atteinte grave à la dignité humaine et à l’État de droit. Il a annoncé l’ouverture d’une enquête approfondie afin d’identifier et traduire en justice les auteurs de cette ignominie.

Par la même occasion, il a indiqué que le gouvernement provincial prendra des mesures rigoureuses pour contrer la propagation des rumeurs et apaiser la population.

D’autres violences à Kisangani

La psychose liée à ce phénomène prétendu ne s’est pas limitée à Isangi. À Kisangani, chef-lieu de la province, trois personnes ont également été lynchées et brûlées vives ce mardi, après avoir été accusées d’être responsables d’une supposée atrophie des organes génitaux.

Ces scènes d’une extrême violence témoignent de la montée inquiétante d’un climat de méfiance, alimenté par la désinformation et les croyances occultes.

Appel au calme et mise en garde du gouvernement provincial

Dans un communiqué rendu public le même jour, le gouvernement provincial de la Tshopo a appelé la population à la retenue, à la vigilance et à ne pas céder aux rumeurs infondées. Il a exhorté les citoyens à collaborer avec les services de sécurité pour toute information utile à la manifestation de la vérité.

Les autorités locales – Maires, Bourgmestres et Administrateurs de territoires – ont reçu des instructions claires :

  • sensibiliser la population au calme et à la cohésion sociale ;
  • préserver l’ordre public et la tranquillité ;
  • coopérer étroitement avec les services de sécurité pour prévenir toute dérive ou violence communautaire.

Le communiqué rappelle également que toute personne qui se prétendrait victime ou accuserait autrui sans preuve d’atrophie mystique d’organes génitaux s’exposera à des poursuites judiciaires.

Une urgence de restaurer la confiance

Ce drame tragique met une fois de plus en lumière la fragilité du lien entre croyances populaires et rationalité scientifique dans certaines zones reculées. Au-delà des condamnations officielles, c’est la question de la sécurité du personnel de santé, pilier du système public, qui se pose avec acuité.

La Tshopo, meurtrie par ces violences, attend désormais que justice soit faite et que la raison reprenne le dessus sur la rumeur.