Trente enseignants-chercheurs de l’Institut Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi (IFA–Yangambi) ont entamé, lundi 17 décembre 2025, une immersion pédagogique de haute portée scientifique. Ils prennent part à la première session de formation, de renforcement des capacités et de partage d’expériences consacrée à la pédagogie active à l’ère du système Licence–Master–Doctorat (LMD). Cette formation interne, prévue sur quatre jours, se déroule du 17 au 20 décembre 2025 dans la salle doctorale de l’IFA–Yangambi.

Placée sous le sceau de l’innovation pédagogique, cette session est animée par dix experts issus de l’équipe de la pédagogie active de l’IFA–Yangambi, dont cinq professeurs et cinq chefs des travaux. Elle s’adresse à des enseignants-chercheurs qui ont manifesté volontairement leur intérêt à s’approprier de nouvelles approches d’enseignement répondant aux exigences du système LMD.
L’ouverture officielle des travaux a été faite par le Directeur de cabinet du Recteur, M. Augustin Paluku, qui a donné le go de la formation au nom de l’autorité académique. Dans son allocution, il a exhorté les participants à capitaliser les enseignements reçus afin de les traduire en pratiques concrètes dans leurs cours respectifs. Pour lui, la réussite du système LMD à l’IFA–Yangambi passe nécessairement par une appropriation effective de la pédagogie active par les enseignants.

L’objectif principal de cet atelier est le renforcement des capacités des enseignants-chercheurs en pédagogie active, tout en favorisant le partage d’expériences entre pairs. Il s’agit également de sensibiliser l’ensemble de la communauté universitaire de l’IFA–Yangambi à l’importance et à l’utilité de la mise en œuvre effective de cette approche pédagogique innovante. Les participants sont notamment formés à la préparation d’un syllabus au format LMD, en s’appuyant sur la taxonomie de Bloom, et à la création d’une dynamique collective autour de l’innovation pédagogique.
Au plan pratique, la formation met un accent particulier sur la maîtrise et l’utilisation de plusieurs méthodes et outils pédagogiques modernes, tels que la classe inversée, le placement, l’interview à trois, le puzzle pédagogique, ainsi que des outils numériques comme Socrative et Votar. Autant de dispositifs appelés à être appliqués concrètement dans les enseignements dispensés à l’IFA–Yangambi.
Intervenant à son tour, le Professeur Meniko To Hulu Jean Pierre Pitchou est revenu sur l’importance capitale de la pédagogie active dans le système LMD. Il a souligné que cette approche place l’apprenant au centre de son apprentissage, le faisant passer du statut de récepteur passif à celui de véritable constructeur de savoir. À ses yeux, la pédagogie active favorise l’engagement durable, développe la pensée critique et la capacité d’adaptation des étudiants, tout en permettant une rétroaction immédiate et une individualisation de l’enseignement. Toutefois, a-t-il reconnu, son application effective demeure un défi majeur qui nécessite des efforts concertés de formation, une adaptation des infrastructures et une véritable volonté de changement de paradigme, tant chez les enseignants que chez les étudiants.
Pour sa part, le Professeur Bienvenu Mokili a mis en exergue le lien indissociable entre le savoir, le savoir-faire et le savoir-être, triptyque fondamental de la formation universitaire moderne orientée vers l’employabilité. Les échanges se sont clôturés par un jeu de questions-réponses, permettant d’éclairer certaines zones d’ombre et de renforcer la compréhension des participants.
Il convient de noter que cette formation s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet GIFT (Gouvernance, Insertion et Formation Agricole et Rurale dans la Tshopo). Ce projet appuie le renforcement institutionnel de l’IFA–Yangambi, notamment à travers la mise en œuvre de son plan stratégique, avec pour ambition de doter l’institution de capacités pédagogiques innovantes, d’améliorer la qualité de l’enseignement dans le système LMD et de renforcer l’employabilité des diplômés.
VTL.
