Cinq jours après la disparition de Charles Ndombasi Lassa, dit Carlyto Lassa, la douleur reste vive dans le monde musical congolais et africain. Depuis les États-Unis d’Amérique, où l’artiste musicien congolais s’est éteint le lundi 31 août 2026 à l’âge de 65 ans, les témoignages affluent. Parmi les hommages les plus émouvants figure celui de Sam Mangwana, grande voix de la musique congolaise, qui a choisi les réseaux sociaux pour saluer la mémoire de son compagnon de route.
La disparition de Charles Ndombasi Lassa, alias Carlyto Lassa, laisse un vide dans le paysage musical congolais. Figure d’une génération qui a contribué à écrire certaines des plus belles pages de la musique congolaise, l’artiste s’est éteint à 65 ans aux États-Unis d’Amérique, provoquant une vague d’émotion bien au-delà des frontières de la République démocratique du Congo.
Dans ce concert d’hommages, celui de Sam Mangwana résonne avec une tonalité particulière. Cinq jours après l’annonce du décès, l’illustre artiste musicien angolais, profondément lié à l’histoire de la musique congolaise, a livré un témoignage empreint de douleur, de nostalgie et de reconnaissance.
« Aujourd’hui, j’écris ces quelques mots avec le cœur profondément attristé, pour rendre hommage à mon frère, compagnon de musique et homme qui a fait partie de la grande histoire de notre musique, Charles Ndombasi Lassa, (Carlyto Lassa) », écrit Sam Mangwana.
Une génération, une histoire, une mémoire
Au-delà de la disparition d’un artiste, Sam Mangwana voit dans la mort de Carlyto Lassa la fin d’une nouvelle page d’une génération musicale. Une époque où la musique ne se limitait pas à l’interprétation des chansons, mais constituait également un espace de rencontres, d’amitiés, d’identité et de transmission.
Pour Mangwana, Carlyto Lassa appartenait à cette catégorie rare d’artistes dont l’empreinte résiste au passage du temps.
« Certaines personnes sont de celles que le temps ne peut jamais effacer. Tu es de celles-là », témoigne-t-il avec émotion.
Cette phrase résume à elle seule la place que Carlyto Lassa occupait dans la mémoire de ses contemporains. Car si les années emportent les hommes et transforment les époques, elles ne parviennent pas toujours à effacer les voix qui ont accompagné plusieurs générations.
« Je te demande pardon »
L’un des passages les plus poignants du message de Sam Mangwana est sans doute celui dans lequel il évoque son silence au lendemain de la disparition de son compagnon de musique.
L’artiste reconnaît ne pas avoir trouvé immédiatement les mots pour exprimer sa douleur.
« Je te demande pardon de ne pas avoir trouvé ces mots le jour où tu nous as quittés », écrit-il, expliquant que face à certaines pertes, « le silence est parfois la seule réponse que nous sommes capables de donner ».
Un silence qui traduit moins l’indifférence que la difficulté d’accepter la disparition d’un être avec lequel on a partagé une partie de son existence et de son parcours artistique.
Une voix désormais entrée dans l’éternité
Pour Sam Mangwana, la disparition physique de Carlyto Lassa ne signifie pas pour autant la fin de son existence artistique.
Ses enregistrements, ses chansons et les souvenirs qu’il a laissés constituent désormais les principaux vecteurs de sa présence auprès du public.
« Ta voix continuera d’exister à travers tes enregistrements, tes chansons et dans le cœur de tous ceux qui ont eu le privilège de t’écouter », souligne-t-il.
Une conception profondément ancrée dans l’histoire de la musique africaine : celle d’un artiste qui continue à vivre à travers son œuvre, longtemps après que sa voix se soit tue.
« Aujourd’hui, je ne veux pas seulement te dire adieu »
L’hommage de Sam Mangwana ne se résume donc pas à un simple adieu. Il est aussi un acte de reconnaissance envers un musicien et un homme dont l’existence a contribué à enrichir le patrimoine musical.
« Aujourd’hui, je ne veux pas seulement te dire adieu. Je veux te dire merci », affirme-t-il.
Merci pour la musique. Merci pour les moments partagés. Merci pour sa contribution à l’histoire musicale. Merci, surtout, pour ce qu’il a transmis aux générations futures.
Dans cette succession de « merci », Sam Mangwana transforme le deuil en célébration de l’héritage artistique de Carlyto Lassa.
L’héritage plutôt que l’oubli
Au bout du compte, le message de Sam Mangwana porte une conviction forte : la mort peut mettre fin à une vie, mais elle ne peut effacer une œuvre.
« La mort peut emporter l’homme, mais elle ne peut pas emporter ce qu’il a laissé au monde. Et toi, tu as laissé de la musique », écrit-il.
C’est peut-être là l’un des plus beaux hommages que l’on puisse rendre à un musicien. Car dans l’univers de la création artistique, la véritable postérité ne se mesure pas seulement aux distinctions ou à la célébrité, mais à la capacité d’une œuvre à continuer de toucher les générations.
Tant que les chansons de Carlyto Lassa seront écoutées, tant que son nom sera prononcé avec affection et tant que la musique congolaise continuera de franchir les frontières, son souvenir demeurera vivant.
« Ta voix s’est éteinte, mais ton héritage demeure »
En conclusion de son hommage, Sam Mangwana confie Carlyto Lassa à la mémoire collective et à la paix divine.
Il demande à Dieu d’accueillir son âme, de réconforter sa famille et de donner de la force à tous ceux qui ressentent le vide laissé par sa disparition.
Puis vient cette phrase, lourde de sens :
« Carlyto Lassa, ta voix s’est éteinte, mais ton héritage demeure. Tu ne seras jamais oublié. »
Ainsi s’écrit, dans la douleur mais aussi dans la reconnaissance, l’un des témoignages les plus marquants rendus à Carlyto Lassa depuis l’annonce de sa disparition.
Une voix s’est tue aux États-Unis. Mais dans la mémoire de la musique congolaise et africaine, elle continuera de résonner.
