L’Université du Bas-Uélé (UNIBAS), seule université publique de la province, entend renforcer son fonctionnement et ses capacités en ressources humaines. Une dynamique qui s’est notamment illustrée lors de la 49ᵉ session ordinaire du Conseil d’administration des universités publiques de la République démocratique du Congo (CAU), tenue du 27 au 28 août 2026 dans les installations de l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa.
Présent à ces assises aux côtés de 41 autres recteurs, sur les 55 établissements universitaires publics que compte le pays, le recteur de l’UNIBAS, le professeur Célestin BELA EGWASA, a exposé devant les autorités de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation les principales difficultés qui affectent le fonctionnement de son établissement.
Cette session, présidée en présence de la ministre de tutelle, la professeure Marie-Thérèse Sombo Safi Ayane Mukuna, a ainsi constitué une tribune pour les responsables des universités publiques, appelés à présenter la situation de leurs établissements et à faire remonter leurs besoins auprès des autorités nationales.
25 agents de l’UNIBAS immatriculés
L’un des résultats enregistrés à la suite de ce plaidoyer concerne l’attribution de numéros matricules à 25 agents de l’Université du Bas-Uélé par le secrétariat général de l’ESU.
Le lot comprend deux professeurs associés, dont l’évêque du diocèse de Buta, Monseigneur Martin Banga Ayanyaki, 15 assistants ainsi que huit agents administratifs.
Cette mesure constitue une avancée administrative pour l’UNIBAS, qui fait face, comme plusieurs jeunes établissements publics d’enseignement supérieur, à des défis liés notamment à la disponibilité et à la régularisation de son personnel. Elle intervient dans le sillage des préoccupations présentées par le recteur Célestin BELA EGWASA au cours de la session.
Vers une meilleure répartition des enseignants
Au-delà de la situation particulière de l’UNIBAS, les travaux du CAU ont porté sur plusieurs enjeux structurels de l’enseignement supérieur public congolais.
Parmi les principales résolutions figure l’adoption, moyennant amendements, d’un projet d’arrêté ministériel portant modalités d’exécution de la charge horaire dans les établissements d’enseignement supérieur de la RDC.
L’objectif affiché est de favoriser une meilleure mutualisation des enseignants, notamment en permettant de réorienter les ressources humaines des établissements disposant d’un nombre élevé d’enseignants vers ceux qui connaissent un déficit en personnel qualifié.
Après débats et délibérations, le texte a été adopté avec plusieurs amendements portant notamment sur le volume de la charge horaire, l’adaptation du vocabulaire au système Licence-Master-Doctorat (LMD), le réaménagement de certaines dispositions ainsi que le réajustement des échéances relatives à la transmission des besoins des établissements.
Les participants ont estimé que cette réforme pourrait contribuer à répondre à plusieurs difficultés du secteur, notamment la fixation des charges horaires, la concentration des enseignants dans certaines grandes universités, le déficit d’enseignants qualifiés dans les établissements plus jeunes et les difficultés liées à la disponibilité de certains professeurs résidant à l’étranger.
Révision des programmes et valorisation de la recherche
La 49ᵉ session s’est également penchée sur la révision curriculaire des programmes universitaires. Le processus est conduit par un comité de pilotage placé sous la coordination de l’Université de Lubumbashi, désignée comme « université-pilote ».
Les travaux doivent notamment aboutir à l’élaboration de référentiels des métiers et des compétences ainsi qu’à la production de maquettes de formation révisées et adaptées aux besoins actuels. Les conclusions de ce processus sont attendues dans la première quinzaine d’octobre 2026.
Le CAU a par ailleurs évalué la mise en œuvre de certaines décisions issues de la session extraordinaire du 22 novembre 2022 et de la 48ᵉ session ordinaire. Parmi les mesures en cours figurent la réécriture du Vade-mecum, la révision des maquettes ainsi que le traitement des dossiers de nomination, de promotion et d’admission à l’éméritat.
La question de la production scientifique n’a pas été en reste. Les participants ont notamment examiné la création et l’indexation des revues scientifiques universitaires. Les universités ont été encouragées à accroître la visibilité de leurs travaux de recherche, à mieux structurer leurs revues scientifiques et à développer des collaborations en réseau afin d’améliorer la qualité et la diffusion de la production scientifique congolaise.
Une session aux enjeux multiples
Tenue les 27 et 28 août 2026, la 49ᵉ session ordinaire du CAU a réuni 42 membres sur les 55 attendus, ainsi que des représentants de plusieurs structures de l’enseignement supérieur et universitaire.
Pour l’Université du Bas-Uélé, la participation du recteur Célestin BELA EGWASA aura surtout permis de porter les préoccupations spécifiques d’un établissement public confronté aux défis de la consolidation de ses ressources humaines et de son développement institutionnel.
L’attribution des numéros matricules à 25 agents apparaît, à ce titre, comme l’une des premières concrétisations administratives consécutives aux préoccupations soulevées par l’UNIBAS lors de ces assises nationales.
FROK
