KISANGANI, 15 octobre 2025 — Les activités médicales ont tourné au ralenti dans la quasi-totalité des hôpitaux et centres de santé de la province de la Tshopo. Du lundi 13 au mardi 14 octobre, la plupart des services hospitaliers sont restés fermés, suite au mot d’ordre de grève lancé par le Conseil provincial de l’Ordre des médecins (CPOM/Tshopo).

Cette décision, selon l’Ordre, visait à protester contre le décès tragique de quatre agents de santé dont un médecin docteur Placide Mbungi, survenu le 6 octobre dernier alors qu’ils étaient en mission officielle dans les zones de santé d’Isangi et de Yabaondo, dans le territoire d’Isangi. Un drame qui continue de susciter l’émotion et l’indignation au sein du corps médical.
Pour s’assurer de la bonne application du mot d’ordre, le président du CPOM/Tshopo, Dr Patrick Buname, a conduit une délégation dans plusieurs structures hospitalières de Kisangani. La ronde a concerné notamment l’Hôpital du Cinquantenaire, les Cliniques universitaires, la Division provinciale de la Santé, l’Inspection provinciale de la Santé et l’Hôpital général de référence Makiso-Kisangani.

Partout, le constat a été le même : bureaux fermés, consultations suspendues, et services de routine à l’arrêt. À l’Hôpital du Cinquantenaire, un seul médecin a été maintenu pour assurer les urgences et le suivi des malades hospitalisés, afin d’éviter tout drame humanitaire.
« Nous avons voulu marquer un temps d’arrêt pour honorer la mémoire de nos collègues disparus et exiger des garanties de sécurité pour les missions médicales en zones enclavées », a déclaré Dr Patrick Buname au terme de sa visite. Il a néanmoins annoncé la reprise normale des activités médicales dès ce mercredi 15 octobre, tout en appelant les autorités à prendre des mesures concrètes pour protéger le personnel de santé sur le terrain.
Ce mouvement, bien que limité dans le temps, met en lumière les conditions précaires dans lesquelles exercent les médecins dans certaines zones sanitaires de la Tshopo, souvent dépourvues de moyens logistiques et de dispositifs de sécurité. Un signal d’alarme que les pouvoirs publics sont désormais appelés à écouter avec attention.
