Chrisco : L’élévation du bishop David Kwala à la tête de la région ecclésiastique de Durba ( portrait)

Redaction
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Durba, RDC — À la tête de la région ecclésiastique de Durba au sein de l’Église Christ et Compagnons (CHRISCO), le Bishop David KWALA incarne aujourd’hui une figure spirituelle centrale pour 52 paroisses réparties dans les territoires de Watsa et Faradje. Son élévation à cette responsabilité est intervenue après un long vide de six ans, consécutif au décès de son prédécesseur. Une mission qu’il considère non comme une promotion personnelle, mais comme une continuité de l’œuvre que, selon lui, Dieu avait déjà commencée dans sa vie.

Dans une interview exclusive accordée à depechesdelatshopo.com, le prélat religieux a accepté de revisiter le chemin de sa vocation.

Un parcours façonné par l’obéissance et le service

C’est en 2001, dans la ville de Kisangani, berceau de son ministère, que David KWALA est consacré pasteur. Il y exerce alors sous l’autorité du Presbytère Emmanuel Yakutu, responsable de la presbyterie de Yangambi regroupant les paroisses de la commune Mangobo, une partie de Makiso, Yangambi et environnants.

« Le Presbytère Emmanuel Yakutu est mon père spirituel. Dieu m’a envoyé auprès de lui. Il m’a baptisé, il m’a enseigné la voie du Seigneur. J’étais son proche collaborateur, son pasteur assistant », confie-t-il avec une émotion soigneusement contenue.

Mais l’Église, attentive à son engagement et à son charisme pastoral, décide de l’envoyer en mission à Watsa, alors que son mentor reste à Kisangani. Une séparation qui marque le début d’un ministère territorial auprès des fidèles de l’Uele.

Un natif de Faradje au cœur des mouvements de Dieu

Né dans le territoire de Faradje, précisément de la localité d’Aba, à 18 kilomètres de la frontière sud-soudanaise, le Bishop KWALA est le fils d’un préfet des études. Les mutations professionnelles de son père amènent la famille à vivre entre Aba, Faradje, Watsa puis Kisangani.

« Les voies de Dieu sont différentes de celles des hommes », dit-il, soulignant que ce cheminement, pourtant administratif et familial, était déjà une préparation divine.

C’est donc entre l’école, la foi et le travail pastoral que se forge sa vocation.

Foi, entrepreneuriat et présence communautaire

Contrairement à l’idée que le ministère pastoral exclut toute activité séculière, David KWALA assume et revendique son engagement économique. Dans la région minière de Durba, il est également actif dans des coopératives minières et des entreprises privées.

Pour lui, ces activités ne sont pas un obstacle mais un levier :

« Tout en servant le Seigneur, j’ai mes activités économiques privées. Elles me permettent de soutenir l’œuvre et d’être proche de la réalité des familles et des jeunes de la région ».

Ce double engagement lui a permis de rester enraciné dans la communauté dont il est désormais le guide spirituel.

L’appel à l’épiscopat : une responsabilité, pas un privilège

Après le décès du dernier évêque, l’Église à Kinshasa cherche un pasteur expérimenté, stable et reconnu localement. Le choix tombe sur David KWALA. Il est alors convoqué à Nairobi pour une formation et des orientations avant d’être consacré évêque à Kinshasa.

Il est également licencié en théologie depuis 2006, formé au sein de Africa Ministries Network, une université théologique dirigée par des missionnaires américains.

Un ministère tourné vers la paix et la cohésion

À la tête de 52 paroisses, l’enjeu est immense : renforcer l’unité de l’Église, soutenir les fidèles dans un contexte social et économique exigeant, et maintenir la flamme de l’espérance chrétienne dans une région où les défis ne manquent pas.

Mais le Bishop KWALA, assuré de sa mission, résume sa vision avec humilité :

« Nous ne faisons que suivre les pas de Celui qui nous a appelés. »

Ainsi se dévoile un leader religieux qui refuse les titres pour privilégier la mission, le service, et la continuité du témoignage chrétien au cœur de la Tshopo et de l’Uele.

FROK