À l’heure où la problématique de l’autonomie rédactionnelle s’impose comme un enjeu majeur du débat public en République démocratique du Congo, un journaliste vient d’apporter une contribution scientifique remarquée à la réflexion.
André KITENGE Lunguma, journaliste à Radio Okapi, a obtenu la mention Grande Distinction à l’issue de la soutenance de son mémoire de Diplôme d’Études Supérieures en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université de Kisangani, ce jeudi 19 février 2026 à Kisangani.

Intitulé « Indépendance journalistique et traitement des informations politiques dans les médias audiovisuels : Radio Télévision Nationale Congolaise et Radio Okapi à Kisangani », ce travail s’inscrit dans le champ du journalisme radiophonique et de l’analyse critique des pratiques éditoriales.
Devant un jury composé des professeurs Alexis KATAMBWA Mutombo (Président), Henry-Paul IYELE Batsu (Promoteur), Jean-Pierre LIFOLI Balea (Co-promoteur), Jacques MUKONKOLE Lokombe et Emmanuel NGBANGA Bandombele (Membre), le candidat a défendu une étude comparative rigoureuse entre la station provinciale de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC/Kisangani) et Radio Okapi.

Les résultats présentés soulignent que la RTNC/Kisangani demeure exposée aux pressions politiques et aux interférences des autorités établies. Selon l’auteur, des responsables gouvernementaux et politiques influenceraient la conduite de la rédaction, orientant la diffusion des informations en faveur de certains points de vue, souvent sans véritable contradictoire.
À l’inverse, l’étude montre que Radio Okapi bénéficierait d’une marge d’indépendance plus conséquente dans le traitement des informations politiques. Le média onusien ne subirait pas d’ingérences systématiques de la part de ses responsables institutionnels.
Au-delà de la performance académique sanctionnée par la Grande Distinction, cette recherche constitue une interpellation constructive du paysage médiatique local. Elle rappelle que l’indépendance journalistique ne relève pas seulement d’un cadre légal, mais d’une culture professionnelle, d’une éthique institutionnelle et d’un environnement politique respectueux de la liberté de la presse.
