Kisangani — Dans la province de la Tshopo, l’agriculture entend progressivement changer de visage. L’Institut Africain de Leadership Agricole, AALI, poursuit ses initiatives en faveur du développement du secteur agricole et de l’entrepreneuriat des jeunes, notamment à travers le projet Tree Crops.
Pour cette deuxième cohorte, une vingtaine de jeunes bénéficient d’un programme de formation consacré à l’agribusiness des cultures pérennes. Le choix s’est porté sur trois filières considérées comme porteuses d’opportunités économiques : le café, le cacao et le palmier à huile.
L’objectif de cette initiative est de doter les participants de compétences pratiques leur permettant non seulement de mieux maîtriser les techniques de production, mais également de transformer leurs connaissances en véritables activités économiques.
Du champ à l’entrepreneuriat
La formation s’est déroulée sur cinq jours. Les trois premières journées ont été consacrées à la pratique de terrain autour du café, du cacao et du palmier à huile. Les deux dernières journées se sont poursuivies en salle, au restaurant JUCRON, avec des enseignements davantage orientés vers la gestion et l’entrepreneuriat agricole.
Au cours de cette session, les participants ont notamment été formés aux différents itinéraires techniques des trois cultures. Ils ont également bénéficié de l’expertise de plusieurs acteurs institutionnels sur des problématiques essentielles au développement d’une agriculture performante.
L’identification et la gestion des maladies des cultures, les normes relatives à la production semencière, la transformation locale des produits agricoles ainsi que les mécanismes de développement d’une activité entrepreneuriale ont figuré parmi les principaux thèmes abordés.
Une place importante a par ailleurs été accordée à l’élaboration du business plan. Un outil qui doit permettre aux jeunes de franchir une étape supplémentaire : passer progressivement du statut de simple producteur à celui d’entrepreneur agricole, capable de concevoir, financer, gérer et développer une activité rentable.
Créer de la valeur au-delà de la production
Pour AALI, l’enjeu ne se limite pas à augmenter la production agricole. Il s’agit également de favoriser l’intégration des jeunes dans l’ensemble des chaînes de valeur, de la production à la transformation, en passant par la commercialisation et, à terme, l’accès aux marchés d’exportation.
Cette approche entend ainsi rompre avec une agriculture essentiellement tournée vers la subsistance, en encourageant une production davantage orientée vers la création de valeur, les revenus et l’investissement.
La démarche rejoint également les ambitions affichées autour du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, qui entend notamment valoriser le potentiel agricole des territoires concernés, attirer les investissements et multiplier les opportunités économiques au bénéfice des communautés locales.
La Tshopo face au défi de la transformation agricole
Dans une province disposant d’importantes potentialités agricoles, le défi consiste désormais à transformer ces ressources en véritables leviers de développement. Le café, le cacao et le palmier à huile peuvent notamment constituer des filières structurantes, à condition de renforcer les compétences des producteurs, la transformation locale, l’accès aux marchés et l’accompagnement entrepreneurial.
À l’ouverture comme à la clôture de cette formation, la cérémonie a été présidée par la ministre provinciale de l’Agriculture, maître Bijoux KOY TAKA, témoignant de l’intérêt porté par les autorités provinciales à la formation et à l’accompagnement des jeunes dans le secteur agricole.
À travers le projet Tree Crops, AALI veut ainsi contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs agricoles capables de faire de la terre un véritable espace d’investissement et d’innovation.
À terme, l’ambition est de permettre aux jeunes et aux communautés de la Tshopo de mieux tirer profit des richesses agricoles de leur territoire. Un pari qui touche à la fois à l’emploi, aux revenus des ménages, à la transformation locale, à la sécurité alimentaire et au développement économique de la province et de la République démocratique du Congo.
FROK
