Par FROK
Dans le silence apaisant des allées bordées de mausolées carrelés, les vivants sont venus communier avec la mémoire de leurs morts. À l’occasion du neuvième anniversaire du cimetière moderne Paradisio, entre Lune et Soleil, une messe d’action de grâce a rassemblé mercredi 18 juin 2025 familles endeuillées, responsables ecclésiastiques et acteurs du secteur funéraire, pour célébrer un site qui, en moins d’une décennie, s’est imposé comme une référence incontournable dans l’art d’inhumer avec dignité.

Un site funéraire devenu modèle
Créé pour répondre aux exigences nouvelles d’une population urbaine en quête de lieux de sépulture décents, Paradisio est aujourd’hui bien plus qu’un cimetière. C’est un espace hybride entre recueillement, art funéraire, patrimoine et innovation. Depuis son ouverture, environ 2000 dépouilles mortelles y ont été inhumées, certaines venues de l’extérieur du pays : Kinshasa, Goma, le Burundi, le Rwanda, la Tunisie, la Belgique et même Dubaï. Un fait rare qui atteste de la réputation du site à l’échelle régionale et internationale.
L’ingénieur Barthélemy Musafiri Swedy, coordinateur adjoint du cimetière, souligne :
« Ce record en inhumation prouve que le projet a rencontré les attentes de la population. Paradisio offre des services de qualité à tous les usagers et garde sa place de leader à Kisangani. »
Une offre complète de services funéraires
Paradisio s’est doté d’un arsenal de prestations rares dans le contexte congolais : inhumation, exhumation, fabrication et pose de pierres tombales, et services d’oraison funèbre. Des pratiques généralement confiées à des structures informelles sont ici assurées avec méthode, professionnalisme et un profond respect du rite funéraire.
À l’issue de la messe d’action de grâce, les prêtres présents ont béni les tombes dans un rite d’aspersion d’eau bénite, rappelant la dignité du corps et la foi en la résurrection. Le geste s’inscrit dans la tradition catholique, mais aussi dans une volonté plus large de sanctuarisation de l’espace funéraire.
Une architecture innovante au service de la mémoire
Le cimetière ne cesse d’innover. Il est notamment le premier en RDC à introduire des tombes aux formes géométriques originales : circulo-hexago-trapézoïdales. Une signature esthétique unique qui confère au site une identité forte. En parallèle, Paradisio se distingue par la création de nouveaux quartiers : les 15 blocs, 16 zones, et récemment un secteur inédit dédié aux croyants de la foi baha’ie, baptisé NUR (signifiant lumière), preuve de son ouverture interconfessionnelle.
Deux boulevards, Saint Benoît et Saint Barthélemy, viennent désormais structurer les circulations internes du site, tandis que des mausolées modernes, des tombes carrelées et des toilettes VIP pour les visiteurs renforcent l’expérience de ceux qui viennent se recueillir.

Un dixième anniversaire qui s’annonce mémorable
L’année prochaine, le cimetière Paradisio célébrera ses 10 ans d’existence. L’événement est déjà en préparation, et l’équipe promet une commémoration « célébrée avec faste pour la gloire de Dieu ».
« Ce sera dix ans de succès, dix ans de respect aux morts, dix ans de lutte contre la profanation des tombes, et dix ans d’innovation », a souligné M. Musafiri.
Un legs vivant
« Hier, ils étaient ce que nous sommes, demain, nous serons ce qu’ils sont devenus », a-t-on rappelé pendant la cérémonie. Cette maxime, si chère aux praticiens du funéraire, résonne avec force dans les allées du cimetière Paradisio. Car ici, l’inhumation n’est pas un abandon, mais une continuité du lien, une architecture du souvenir, et un acte de civilisation.
En neuf ans, Paradisio a changé le visage de la mort à Kisangani. Il s’est affirmé comme un modèle d’aménagement funéraire à la fois respectueux, inclusif et tourné vers l’avenir. Un lieu où la dignité du dernier repos est enfin à la hauteur de la vie vécue.

