Sous le haut patronage de la Première Ministre, cheffe du gouvernement, la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovation, Professeure Marie Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, a présidé ce jeudi 28 août 2025 à l’Institut National des Arts la cérémonie officielle de publication de l’évaluation à mi-parcours du système Licence-Master-Doctorat (LMD) en République Démocratique du Congo.
Ce moment fort a réuni plusieurs chefs d’établissements de l’ESU à travers le pays, parmi lesquels le Professeur Jacques-Riverain Lofemba Boningoli Batita, Directeur Général de l’Institut Supérieur Pédagogique de Kisangani (IISP Kisangani). Joint par depechesdelatshopo.com, ce dernier a restitué les points essentiels de cette rencontre qui marquera un tournant dans la réforme universitaire congolaise.
Un système en mutation, mais confronté à d’énormes défis
La réforme LMD, lancée avec l’ambition de rendre l’enseignement supérieur congolais plus compétitif, accessible et adapté aux standards internationaux, montre aujourd’hui des limites notables à mi-chemin de sa mise en œuvre. Trois défis majeurs ont été identifiés :
Loin de remettre en cause la réforme, cette évaluation à mi-parcours se veut un outil de réajustement stratégique. Pour le professeur Lofemba, cette initiative témoigne de la volonté du gouvernement de tirer les leçons du terrain et de construire un enseignement supérieur résolument tourné vers le développement durable.
Le système LMD reste donc une voie incontournable, à condition d’y injecter les moyens et les volontés nécessaires. La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics, des partenaires techniques et des établissements eux-mêmes.
– Des infrastructures inadaptées : auditoires surpeuplés, absence d’équipements modernes, laboratoires vétustes et bibliothèques insuffisantes.
– Une qualité d’enseignement perfectible : pénurie de professeurs qualifiés, notamment en provinces, et persistance de méthodes pédagogiques obsolètes.
– Une gouvernance à revoir : absence de plan stratégique, financement structurel insuffisant, absence de numérisation et forte dépendance aux financements extérieurs.
Des recommandations pour réorienter la réforme
Parmi les propositions fortes issues de cette évaluation figurent :
– La contextualisation du LMD aux réalités locales ;
– L’amélioration des infrastructures et équipements, avec appel au partenariat public-privé ;
– Le renforcement des ressources humaines par des bourses d’excellence et des formations continues ;
– L’harmonisation des maquettes selon les standards internationaux ;
– La numérisation de la gouvernance académique et administrative ;
– Et l’adéquation entre la formation et les besoins réels du marché de l’emploi.
Une feuille de route claire pour l’avenir
FROK
