Le monde numérique évolue à une vitesse fulgurante, et avec lui, les enjeux liés à la désinformation deviennent de plus en plus préoccupants. Dans ce contexte, un atelier de renforcement des capacités a réuni pendant deux jours à Kisangani des journalistes, juristes, blogueurs et étudiants en sciences de l’information et de la communication autour du Code numérique promulgué par le président de la République en 2023. Ce texte fondateur encadre désormais les droits et les obligations de tous les acteurs de l’espace numérique en RDC.
Le Code numérique, loin d’être une simple formalité légale, pose un cadre clair : toute infraction – qu’il s’agisse de la propagation de fausses nouvelles, d’imputations dommageables, d’incitations à la haine ou encore à des actes terroristes – expose l’auteur à des poursuites judiciaires. Cette réalité, parfois méconnue, a été scrutée avec rigueur par les participants, qui ont pris conscience du poids de la responsabilité qui pèse sur leurs épaules.
Maître Angalawe Otemikongo David, avocat au barreau de la Tshopo, a partagé son expertise en mettant en lumière les moyens de défense dont disposent les journalistes confrontés à la justice, souvent accusés de désinformation. Il a insisté sur des principes fondamentaux : la liberté d’expression et la liberté de la presse, garanties par l’article 33 de la Constitution, mais aussi la bonne foi du journaliste comme ligne de défense. « Un journaliste poursuivi doit impérativement être assisté par un avocat de son choix », a-t-il rappelé.

Le chargé de communication du club RFI Kisangani, David Gaston Mukendi, organisateur des assises, a souligné quant à lui l’importance de sensibiliser la jeunesse face aux dangers de la désinformation. « Les fausses nouvelles, les images générées par l’intelligence artificielle, les citations attribuées à tort sont devenues monnaie courante. Il fallait agir pour informer, former et surtout protéger notre jeunesse », a-t-il affirmé.
Se protéger en respectant la loi
Selon Mukendi, cette auto-protection commence par la connaissance et le respect des textes légaux régissant l’espace numérique. « Nous ne voulons pas que les journalistes boyomais se retrouvent en prison simplement pour avoir publié une fausse information. Nous voulons qu’ils comprennent que la loi, comme le code d’éthique et de déontologie, doit guider chacune de leurs publications », a-t-il insisté.
Il a rappelé que le Code numérique ne s’adresse pas uniquement aux professionnels de la presse, mais aussi à tous les usagers des réseaux sociaux. « Quiconque possède un compte Facebook ou utilise une plateforme numérique n’est pas libre de tout dire. Il y a des limites à respecter. »
Vers de nouveaux horizons
À la clôture de l’atelier, David Gaston Mukendi a annoncé l’organisation prochaine d’autres sessions pratiques, centrées sur des outils de vérification de l’information. « Comment reconnaître une fausse nouvelle ? Comment détecter une image truquée ou des propos inventés ? Ce sont des compétences désormais essentielles pour tout communicant », a-t-il conclu.
Cet atelier a été rendu possible grâce au soutien de CFI, l’Agence française de développement des médias, confirmant une fois de plus l’importance de la coopération internationale dans le renforcement d’une presse libre, professionnelle et responsable en République démocratique du Congo.
FROK
