Après quatre années d’absence marquées par un silence pesant depuis son départ du gouvernorat de la Tshopo, Maître Louis-Marie Walle Lufungula a foulé à nouveau le sol boyomais, ce samedi 21 juin 2025. Il est revenu dans un contexte hautement symbolique, en tant que membre de la délégation conduite par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemin Shabani Lukoo, pour assister à la cérémonie rituelle de réconciliation entre les communautés Mbole et Lengola.
Ce retour très attendu par l’opinion provinciale a été ponctué, ce dimanche, d’un point de presse exceptionnel à Kisangani, durant lequel l’ancien gouverneur, sans livrer tous ses secrets, a brisé partiellement son silence, face à une presse boyomaise curieuse et incisive.
Un silence enfin brisé, mais avec retenue
Durant près de deux heures, l’homme d’État a répondu à plusieurs questions, esquivant avec diplomatie les sujets relatifs à la gestion actuelle de la province. Interrogé sur son engagement pour la paix, Maître Walle Lufungula s’est montré lucide et philosophe :
« J’ai été mal compris par certains, et d’autres ont trouvé que j’étais très dangereux avec tout ce que j’avais comme projets… Ça allait faire ombrage à certaines personnes », a-t-il confié.
Ces mots résonnent comme un aveu voilé des rivalités politiques qui auraient contribué à son éviction du pouvoir provincial, mais aussi comme un appel à une compréhension plus profonde de son parcours.
Pas de retraite en vue pour l’ancien gouverneur
À la question de savoir s’il nourrit encore des ambitions politiques, Maître Walle n’a pas mâché ses mots :
« Je n’ai pas encore l’âge de la retraite en politique. Et les ambitions ne peuvent pas être seulement provinciales… Les postes à Kinshasa, vous les laissez à qui ? »
Une réponse qui sonne comme un signal fort : l’ancien gouverneur ne tourne pas la page de la politique, et se voit encore utile, peut-être à un autre niveau, sur la scène nationale.
Réconciliation : un chemin personnel également parcouru
Abordant son propre processus de réconciliation avec les acteurs politiques qui ont provoqué sa chute, il répond avec hauteur :
« Beaucoup d’eau a coulé sous le pont depuis mon départ… Plusieurs acteurs ont sollicité une réconciliation, et vice-versa. Moi, je n’en veux à personne. »
Évoquant l’histoire biblique de Joseph, vendu par ses frères, Maître Walle se place dans une posture de pardon et de résilience. Une manière de rappeler que, malgré l’humiliation, il ne garde ni rancune ni amertume, mais se projette dans une mission plus grande.
Un amour inchangé pour la Tshopo
Interrogé enfin sur son attachement à la province qui l’a vu gouverner puis écarter, l’ancien gouverneur répond avec émotion :
« Je suis là pour la Tshopo. Je suis venu justement pour que la paix revienne entre les deux communautés. Je pense que c’est un signe d’amour. »
Dans cette réponse transparaît la sincérité d’un homme blessé mais pas brisé, prêt à se relever au service de sa communauté.
FROK
