Ituri : Plus de 45 civils tués à Komanda, l’AJDDH exige des mesures immédiates

Redaction
691 Views

Kisangani, 29 juillet 2025 – L’attaque sanglante perpétrée dans la nuit du 27 juillet 2025 à Komanda, localité située dans le territoire d’Irumu en province de l’Ituri, continue de susciter indignation et appels à l’action. L’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) a réagi avec vigueur à cette nouvelle tragédie, la qualifiant d’« avanie contre la dignité humaine » qui exige une réponse judiciaire et sécuritaire immédiate.

Selon le communiqué n°023/D.E/AJDDH/KIS/2025, cette attaque attribuée aux rebelles ADF (Forces Démocratiques Alliées) a fauché la vie de plus de 45 civils — hommes, femmes, enfants et religieux — rassemblés dans une salle paroissiale de Caritas pour une veillée de prière à l’occasion du jubilé d’argent (25 ans) de la Croisade Eucharistique, un mouvement d’action catholique fortement enraciné dans la région. Le carnage s’est déroulé en plein sanctuaire spirituel, transformant un moment de recueillement en scène d’horreur.

Pour l’AJDDH, ce massacre à caractère religieux est non seulement un crime contre l’humanité, mais également un acte terroriste ciblé, révélateur de la faillite sécuritaire persistante dans cette province pourtant sous État de siège depuis deux ans, et où opère une mutualisation des forces entre les FARDC et l’armée ougandaise UPDF. « Komanda, comme d’autres localités du territoire d’Irumu, est désormais synonyme d’abandon des populations par les institutions censées les protéger », dénonce Jedidia Mabela, Directeur Exécutif de l’AJDDH.

Des demandes fortes à l’État congolais

Face à cette tragédie, l’AJDDH formule une série d’exigences :

  1. Solidarité active avec les familles des victimes et la communauté chrétienne endeuillée.
  2. Condamnation ferme de la tuerie, qualifiée de crime contre l’humanité.
  3. Évaluation sincère de l’efficacité de l’état de siège et de la coopération militaire FARDC-UPDF.
  4. Ouverture d’une enquête indépendante pour identifier les auteurs, leurs complices et les commanditaires, en vue de poursuites judiciaires nationales ou internationales.
  5. Renforcement urgent de la protection des civils, notamment dans les lieux de culte, les écoles et les infrastructures communautaires.
  6. Mobilisation de la société civile, des médias, des églises et des défenseurs des droits humains pour éviter que ces crimes ne soient oubliés.

L’ONG insiste : « La paix durable en RDC passe impérativement par la justice, la vérité et la réparation. Mettre fin à la culture de l’impunité est une condition sine qua non pour réconcilier les communautés et restaurer l’autorité de l’État ».

L’ombre de l’impunité

Alors que la province de l’Ituri vit au rythme des attaques répétées, les populations civiles paient le prix d’un conflit que ni l’état de siège, ni les opérations conjointes armées n’ont réussi à contenir. Le massacre de Komanda vient s’ajouter à une longue liste d’atrocités restées impunies, perpétrées par les ADF depuis plusieurs années dans l’Est de la RDC, en particulier à Beni et en Ituri.

Pour l’AJDDH, l’heure n’est plus aux discours de compassion, mais à des actes concrets, à la fois sur le plan sécuritaire et judiciaire. « Le droit à la vie, à la sécurité et à la liberté de croyance n’est pas un luxe mais un droit inaliénable garanti par la Constitution et les instruments internationaux ratifiés par la RDC », conclut le communiqué.

Tandis que la nation pleure ses morts, la communauté internationale et les institutions congolaises sont à nouveau interpellées sur leur responsabilité à protéger les civils et à traduire en justice les fauteurs de guerre. Le silence et l’inaction ne sauraient être une réponse à une barbarie devenue routinière dans certaines régions du pays.