Sous le haut patronage du Gouvernement provincial du Haut-Uélé, et en présence de la ministre nationale du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae, ainsi que de sa collègue provinciale Rachel Makasiane, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) section du Haut-Uélé a procédé au lancement officiel des seize jours d’activisme contre la violence numérique faite aux femmes et jeunes filles, ce jeudi à Isiro.
Une initiative saluée par les autorités, tant elle s’inscrit dans la droite ligne des engagements nationaux et internationaux en faveur de la promotion des droits de la femme.
Un secteur privé engagé dans la protection des femmes entrepreneures
Dans son allocution, la présidente de la FEC/Haut-Uélé, Madame BANAMBEANISO MABO Collette, a rappelé que la mutation technologique actuelle, si elle ouvre de nombreuses opportunités économiques, expose également les femmes et filles à de nouvelles formes de violences : harcèlement en ligne, chantage numérique, discours de haine, usurpation d’identité, diffusion non consentie d’images, entre autres.
Elle a souligné la responsabilité du secteur privé dans la construction d’un environnement professionnel sûr :
> « La FEC s’engage pour le respect de la dignité humaine, l’égalité des droits et la tolérance zéro contre toutes formes de violences numériques faites à la femme entrepreneure. Protéger la femme opératrice économique, c’est protéger toute la communauté qui aspire au développement », a-t-elle affirmé.
Les causes et l’ampleur du phénomène passées au crible
Plusieurs interventions des acteurs sociaux, économiques et institutionnels ont rythmé la rencontre.
Madame Azaro Françoise, questeur de l’Assemblée provinciale du Haut-Uélé, a livré une analyse détaillée des facteurs qui favorisent la montée inquiétante de la violence numérique en Afrique, dans le monde et en RDC.
Elle a notamment évoqué :
la fracture numérique entre hommes et femmes,
l’accès incontrôlé aux réseaux sociaux,
l’absence de culture de cybersécurité,
l’impunité persistante dans les cas de cyber-harcèlement,
la banalisation des violences sexistes en ligne.
Selon elle, l’augmentation considérable du taux de violence numérique exige des réponses multisectorielles et coordonnées.
Sensibiliser, dénoncer et poursuivre : trois pistes essentielles
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’un engagement collectif et durable.
Pour mettre fin à la violence numérique, plusieurs pistes ont été recommandées :
1. Intensifier la sensibilisation sur les droits numériques et les mécanismes de protection.
2. Encourager les victimes à briser le silence, en dénonçant chaque menace ou harcèlement.
3. Systématiser le dépôt de plaintes et la transmission des cas aux instances compétentes pour que les auteurs répondent de leurs actes.
4. Former les femmes, notamment celles actives dans l’économie, le journalisme, l’armée, la santé, à l’autoprotection numérique.
5. Renforcer les lois et sanctions pour lutter efficacement contre l’impunité.
Vers un espace numérique sûr et équitable pour toutes
À travers cette campagne d’activisme, la FEC/Haut-Uélé souhaite instaurer un climat de confiance autour du numérique, afin que les femmes et filles — qu’elles soient entrepreneures, étudiantes, journalistes ou travailleuses — puissent évoluer sans crainte dans cet espace devenu incontournable.
L’événement s’est clôturé sur un appel commun : faire de la lutte contre la violence numérique une priorité sociale, institutionnelle et communautaire, pour un Haut-Uélé où chaque femme peut exercer librement ses droits.
Armathe MANZEKE ASOMOLEGO
