Il est devenu presque banal d’assister à des scènes de folklore uniquement lors des obsèques. Quelques coups de tam-tam, des chants murmurés à demi-mots, deux ou trois pas de danse esquissés par les plus âgés de la tribu… et voilà la coutume expédiée comme un simple décor du deuil. Pendant ce temps, la jeunesse, surtout celle née et élevée dans les centres urbains, observe en silence, spectatrice d’un patrimoine qu’elle ne maîtrise plus : ni dialecte, ni chants, ni danses.
La question est sérieuse. Faut-il attendre un enterrement pour que nos traditions sortent du tiroir ? Pourquoi les associations mutuelles, tribales ou ethniques se limitent-elles à des réunions sociales, oubliant de transmettre ce qui fonde leur identité : la langue, le rite, le folklore ?
Les cultures du monde s’enseignent et se valorisent à travers des festivals, des journées culturelles, des ateliers d’initiation. Pourquoi pas chez nous ? Avons-nous abandonné nos jeunes à la seule modernité occidentale, sans leur donner les clés de leur propre mémoire collective ?
Il est urgent de se ressaisir. Nos coutumes, nos chants et nos danses ne doivent pas survivre seulement dans l’ombre des funérailles. Elles méritent d’être célébrées dans la joie, enseignées dans la fierté et transmises comme un héritage vivant. Car un peuple qui n’entretient pas sa culture, finit par l’enterrer avec ses morts.
FROK
