La formation sur les méthodes et techniques de diagnostic agricole en milieu paysan, organisée par le projet GIFT IFA Yangambi, s’est clôturée le vendredi 6 février 2026 à Kisangani, après trois semaines d’intenses travaux théoriques et pratiques. Lancée le 12 janvier 2026, cette session a bénéficié à trente enseignants et chercheurs de l’Institut Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi (IFA Yangambi), désormais mieux outillés pour analyser les réalités agricoles du monde paysan.

Pendant toute la durée de la formation, les participants ont été renforcés en capacités sur les outils, approches et méthodes du diagnostic agricole, une étape fondamentale dans la compréhension des systèmes de production ruraux. À l’issue de cet apprentissage, l’IFA Yangambi se dote ainsi d’un noyau d’experts compétents, capables de conduire des diagnostics rigoureux et adaptés aux contextes locaux, tout en insufflant un nouveau dynamisme scientifique autour de la recherche-action en milieu paysan.
Le diagnostic agricole constitue en effet la première phase stratégique de toute intervention pertinente dans le secteur agricole. Il permet d’identifier avec précision les contraintes réelles, les logiques paysannes, les opportunités locales et les défis structurels auxquels font face les producteurs. Dans un pays comme la République démocratique du Congo, et plus particulièrement dans la province de la Tshopo, où le secteur agricole demeure confronté à d’énormes difficultés, cette démarche apparaît comme un passage obligé pour proposer des solutions durables et adaptées.
Un diagnostic de terrain sur cinq axes stratégiques
Coordonnateur du projet GIFT à l’IFA Yangambi, le professeur Pitshou Meniko a précisé que la formation s’est appuyée sur une dimension pratique marquée par la réalisation d’un diagnostic agricole de terrain sur cinq axes prioritaires : Ubundu, Bafwasende, Opala, Isangi et Banalia. Les territoires de Yahuma et Basoko ont été exclus en raison de leur éloignement de la ville de Kisangani.
« Les premiers résultats du diagnostic agricole ont déjà été obtenus. La prochaine étape consistera à approfondir l’analyse de manière globale afin de produire un premier article scientifique de grande envergure, consacré au tout premier diagnostic agricole structuré en milieu paysan dans la province de la Tshopo », a-t-il indiqué.
Dans le cadre de la convention de subside, le projet prévoit également la vulgarisation des recherches-actions menées sur le terrain, lesquelles seront articulées autour de cinq thématiques majeures. À cela s’ajoutera l’élaboration d’une note de politique publique, destinée aux décideurs politiques, afin de les éclairer sur les véritables enjeux et contraintes du secteur agricole provincial.

Une expérience académique et humaine enrichissante
Formateur principal, le professeur Serge Ndjadi a exprimé sa satisfaction d’avoir pris part à cette initiative. Pour lui, se retrouver à l’IFA Yangambi constitue un motif de fierté et une expérience académique enrichissante.
« Dans une carrière d’enseignement et de recherche, ce genre de collaboration est précieux. Elle favorise l’ouverture, le réseautage et le partage des connaissances. Notre métier exige une mise à jour permanente, tant sur le plan scientifique que relationnel, incluant le carnet d’adresses, la diplomatie et les partenariats », a-t-il souligné.

Reconnaissance institutionnelle et ouverture aux partenariats
Dans son mot de clôture, le recteur de l’IFA Yangambi, le professeur Albert OKUNGO Lotokola, a salué l’appui financier de l’Agence belge de développement, ENABEL, grâce auquel cette formation d’une importance capitale a pu se tenir. Il a également adressé un message particulier de reconnaissance à la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, la professeure Marie-Thérèse SOMBO, pour sa politique encourageant les établissements universitaires à nouer des partenariats stratégiques au service du développement.
À travers cette initiative, l’IFA Yangambi confirme son rôle de pôle d’excellence scientifique au service de l’agriculture congolaise, tout en contribuant activement à la transformation durable du secteur agricole dans la province de la Tshopo.
