Kisangani : Ouverture du procès des eco-gardes accusés de meurtre de deux civils dans le parc de la Lomami à Opala.

Redaction
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Le Tribunal militaire de garnison de Kisangani -Tshopo, siégeant en matière répressive au premier degré, a tenu ce jeudi 8 mai 2025 une audience publique d’importance à son siège situé sur l’avenue 8ème Armée, dans la commune de Makiso. Parmi les affaires appelées, celle inscrite sous RP 1154 a retenu l’attention par sa gravité et les implications qu’elle soulève. Il s’agit du dossier opposant le ministère public, assisté de la partie civile Madame Eyanga Likunda Micheline et trois autres plaignants, aux prévenus MAWABO MIKASO Cratos et KONGOLI IKELE Faustin, tous deux agents écogardes de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).

Ces derniers sont poursuivis pour homicide volontaire et dissipation de munitions de guerre, des faits remontant au début du mois d’avril 2024 et survenus dans le secteur de Yawende-Loolo, territoire d’Opala, au cœur du parc national de la Lomami, province de la Tshopo.

Selon le libellé de l’acte d’accusation, les deux agents auraient, en dehors de tout motif légal, volontairement donné la mort aux nommés LIKUNDA YENI Mike et ASAMBI EKILI Souverain à l’aide d’armes de type AK. Les impacts de balles relevés sur les corps sont glaçants : l’un touché au front et aux côtes, l’autre entre les yeux. Une exécution qui, d’après le ministère public, relève d’un usage criminel des moyens mis à disposition des agents pour le service de la conservation.

Outre les charges d’homicide, les deux prévenus doivent également répondre de la dissipation des munitions de guerre, un acte sévèrement puni par l’article 74 du Code pénal militaire (CPM), qui leur reproche d’avoir utilisé des balles en dehors de toute mission réglementaire, mettant ainsi en péril l’éthique et la sécurité liées à la gestion des armes de guerre en milieu protégé.

Présente à l’audience, la partie civile représentée par maître Patrice Thomas Akala Ndjoku, a salué l’ouverture des débats mais a demandé, et obtenu, un renvoi de deux semaines. « Ce délai permettra à la défense d’étudier convenablement le dossier, mais aussi à l’ICCN, civilement responsable, de comparaître par l’entremise de son directeur général », a déclaré l’avocat au sortir de l’audience.

Le renvoi a été fixé au 22 mai 2025, date à laquelle l’affaire pourrait connaître une évolution déterminante. Le tribunal devra notamment se prononcer sur les éléments de responsabilité de l’ICCN dans ce drame qui jette une ombre sur la gestion des ressources humaines dans les aires protégées.

L’affaire, qui mêle violence létale, mauvaise gestion des armes et responsabilités institutionnelles, promet d’être suivie de près par les organisations de défense des droits humains et les acteurs de la conservation en République Démocratique du Congo.