C’est à l’issue de quatre jours d’une mission multisectorielle dans la province de la Tshopo que la délégation du Groupe de coordination des partenaires internationaux (GCP) a tenu, ce vendredi 27 juin, un point de presse conjoint à Kisangani. Objectif : faire le point sur les observations, les acquis et les perspectives recueillis au terme d’un séjour riche en visites techniques et en échanges stratégiques, principalement à Kisangani et Yangambi.
Composée de diplomates, de représentants des Nations Unies, de bailleurs de fonds et d’experts de haut niveau, la délégation a examiné de près les initiatives en cours dans cette province au cœur du bassin du Congo, notamment dans le cadre du Couloir vert, une initiative présidentielle visant à conjuguer transition écologique, développement économique et inclusion sociale.
Une dynamique multisectorielle autour du Couloir vert
Au cœur de cette mission figurait l’ambition de donner du contenu opérationnel au Couloir vert, en vue de son intégration dans les politiques de développement territorial. Pour Ibrahim Abdoul Nasser, représentant adjoint de la FAO en RDC, la participation de son agence allait de soi.
« La dynamique sur le Couloir vert est une priorité du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. En tant que conseiller technique du gouvernement en matière d’agriculture et d’environnement, la FAO ne pouvait rester en marge de cette réflexion avec les partenaires et les communautés locales », a-t-il déclaré.
Il a souligné que cette initiative représente une opportunité unique pour impulser un changement profond : « Il s’agit de proposer des solutions concrètes pour améliorer les conditions de vie, renforcer la résilience des populations et inverser les tendances de dégradation des terres. »
La FAO entend également mettre à profit son expérience en matière de corridors verts, notamment avec la Grande Muraille verte au Sahel, pour enrichir les réflexions et les actions en RDC. « Notre rôle est de conseiller, d’orienter et de partager ce qui fonctionne ailleurs pour que cette initiative devienne une réussite ici aussi. »
Yangambi : un laboratoire d’innovation et d’inclusion
Le site de Yangambi, reconnu pour son rôle dans la recherche environnementale et la conservation, a particulièrement retenu l’attention des visiteurs. Selon M. Abdoul Nasser, ce site illustre parfaitement le type de modèle que le Couloir vert pourrait généraliser : une collaboration interinstitutionnelle efficace, mêlant science, développement communautaire et économie verte.
« Ce que nous avons vu à Yangambi est un exemple de réussite. Des projets ont changé la vie des communautés, non seulement en matière de protection de la forêt, mais aussi par l’introduction de modèles économiques durables qui les impliquent directement », a-t-il souligné.
Kisangani : un port fluvial à réinventer
La mission s’est également arrêtée au port de l’Office national des transports (ONATRA) à Kisangani, qui pourrait devenir un levier logistique majeur pour la mise en œuvre du Couloir vert. Toutefois, le potentiel reste largement inexploité.
« Ce port, situé au croisement entre l’Est et l’Ouest de la RDC, est sous-utilisé. Il peut jouer un rôle central dans le transport des intrants, des produits agricoles et forestiers. Mais cela exige une modernisation urgente », a plaidé le représentant de la FAO.
Il a précisé que le plan d’investissement existe, mais qu’il est encore méconnu. « Il faut désormais le vulgariser, susciter l’adhésion et mobiliser les ressources nécessaires pour faire de ce port un acteur stratégique du développement durable. »
Un appel à l’action collective
À l’unisson, les membres de la délégation ont reconnu que la province de la Tshopo se trouve à la croisée des enjeux mondiaux liés à la lutte contre le changement climatique, à la gestion durable des ressources naturelles et à la réduction de la pauvreté.
Le message central du GCP est clair : les conditions sont réunies, les acteurs sont mobilisés, les modèles existent. Il ne manque plus que l’engagement politique fort, la coordination stratégique et les financements adaptés pour transformer l’essai.
En somme, cette visite du GCP dans la Tshopo pourrait bien constituer un tournant décisif pour faire du Couloir vert une réalité visible, bénéfique et durable pour les Congolais et pour la planète.
Frok
