Kisangani, 25 juin 2025 – Journée noire sur le campus universitaire de l’Université de Kisangani. Ce mercredi matin, la Faculté des Sciences a été totalement paralysée par une grève étudiante d’une ampleur rare. Aucune activité académique ni administrative ne s’est tenue. Les étudiants, visiblement à bout, ont barricadé tous les accès au site, dénonçant une situation qu’ils jugent intenable.
Sur des panneaux improvisés, les mots trahissent une exaspération profonde :
« Pas de courant, pas de cours à la faculté des sciences. »
« Trop, c’est trop : plus de deux ans sans électricité ! »
« Laboratoires non fonctionnels ! Recherches scientifiques bloquées ! »
« Enseignement LMD difficilement mis en œuvre. »
« Cause : SNEL et ses acolytes. C’est assez ! Nous n’en pouvons plus. »
Cette colère estudiantine, alimentée par des conditions d’apprentissage dégradées depuis plusieurs semestres, semble avoir été la goutte d’eau de trop. Sans électricité depuis plus de deux ans, les laboratoires sont à l’arrêt, les recherches stagnent et l’implémentation du système LMD (Licence-Master-Doctorat) se heurte à des obstacles logistiques majeurs.
Face à cette explosion de colère, la réaction du Comité de Gestion de l’Université n’a pas tardé. Dans une décision rendue publique le même jour, trois membres du décanat de la Faculté des Sciences ont été suspendus à titre préventif :
- Prof. Plonus Katuala Gatate Banda, doyen de la Faculté des Sciences,
- Prof. Casimir Nebese Mololo, vice-doyen chargé de l’enseignement,
- Richard Ndaka Tambula, secrétaire administratif.
La décision du Comité de Gestion s’appuie sur plusieurs considérations lourdes :
- le blocage du site ayant entraîné l’arrêt des activités dans trois entités,
- l’insoumission des responsables facultaires vis-à-vis du recteur,
- l’usurpation de pouvoir quant à la suspension des cours – compétence relevant du ministère de tutelle,
- et surtout, la perturbation de l’ordre public, liée aux attroupements devant le site barricadé.
Le Comité de Gestion évoque également une tentative d’« humiliation de l’autorité rectorale » et une incitation indirecte au « sabotage » des institutions.
