Biens de l’État vendus en toute impunité à Kisangani : des organisations de la société civile exigent une enquête nationale ( mémo)

Redaction
728 Views

KISANGANI, le 8 juillet 2025 – Un vent d’indignation souffle sur la ville de Kisangani. Dans un mémorandum adressé à la Première Ministre, plusieurs organisations de la société civile, ONG de défense des droits humains et mouvements citoyens, tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’ils qualifient de « spoliation systématique et organisée » des biens immobiliers publics de l’État dans cette partie du pays.

Dans une déclaration ferme, les forces vives de la nation réunies dans la capitale provinciale de la Tshopo dénoncent l’existence de réseaux mafieux structurés, opérant avec la complicité présumée de certains fonctionnaires de l’administration publique, notamment dans les services des affaires foncières et de l’urbanisme et habitat, avec l’appui de certains membres de l’appareil judiciaire.

« L’État disposait jadis à Kisangani d’un vaste patrimoine immobilier. Aujourd’hui, il est réduit à peau de chagrin du fait de la cupidité de certains agents publics indélicats », alertent les signataires du mémorandum.

Selon le document, le modus operandi de ces bandes organisées est bien rodé : falsification de documents officiels, création de faux propriétaires, usage de jugements de complaisance pour légitimer les titres frauduleux, avant de vendre les biens à des acquéreurs complices. Plus grave encore, certaines parcelles affectées aux services régaliens comme la 31e région militaire, le palais de justice ou encore les bureaux des renseignements de la PNC sont également dans le collimateur des spoliateurs.

« Ces actes attentent gravement à la souveraineté de l’État. À ce rythme, il ne restera bientôt plus rien du patrimoine immobilier public à Kisangani », déplore un militant des droits humains ayant requis l’anonymat.

Face à cette situation alarmante, les signataires exigent une réaction forte et immédiate du gouvernement central. Ils recommandent notamment la mise en place d’une commission nationale indépendante d’investigation dotée d’un mandat de saisie, avec pour mission de :

  • Répertorier et restituer à l’État tous les biens spoliés,
  • Annuler les titres fonciers illégalement établis sur ces biens,
  • Poursuivre pénalement et discipliner les auteurs et complices de cette spoliation,
  • Etablir un fichier national des fonctionnaires impliqués, assorti d’une interdiction à vie d’exercer une fonction publique.

Ce cri d’alarme ne s’adresse pas uniquement à la cheffe du gouvernement. Une copie du mémorandum a été transmise à plusieurs autres hautes autorités, dont le Président de la République, le Président de l’Assemblée nationale, le ministre d’État à la Justice, ainsi que les ministres sectoriels concernés.

Pour les signataires, la préservation du patrimoine immobilier public est une urgence nationale. Le silence ou l’inaction équivaudrait à une complicité tacite, préviennent-ils.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Saura-t-il agir à temps pour enrayer ce fléau et restaurer l’autorité de l’État à Kisangani ? Le sort du patrimoine public en dépend.