Kisangani : Nouvelle attaque armée à Magopi ; quatre ménages ciblés et la population en colère

Redaction
756 Views

La quiétude nocturne de Magopi, une zone frontalière entre les communes de Mangobo et Makiso, a de nouveau été brisée. Dans la nuit du jeudi au vendredi, aux alentours de 2 heures du matin, des hommes armés ont semé la terreur, provoquant un climat de panique et d’indignation.

Selon des sources concordantes, au moins quatre habitations ont été la cible de cette opération criminelle minutieusement orchestrée. Les assaillants, lourdement armés, ont emporté d’importantes sommes d’argent, ainsi que plusieurs biens de valeur : téléphones portables, panneaux solaires, téléviseurs et autres effets ménagers. L’attaque, brutale et éclair, n’a laissé que stupeur et désarroi derrière elle.

Etat de la route

Malgré les tentatives désespérées des jeunes du quartier pour alerter les services de sécurité, les forces de l’ordre ne sont pas intervenues à temps. En cause : l’état de dégradation critique de la route principale menant à Magopi. Le véhicule de la police d’intervention rapide aurait été immobilisé dans un bourbier, soulignant une fois de plus le double enjeu sécuritaire et infrastructurel auquel fait face cette partie de la ville.

Au lever du jour, la tension est montée d’un cran. En signe de protestation, des jeunes en colère ont érigé des barricades sur l’axe principal, paralysant complètement la circulation. Ils réclament la réhabilitation immédiate de la voirie et l’implantation d’un poste de police permanent dans le quartier, dénonçant l’abandon dont ils se disent victimes.

La paralysie engendrée s’est rapidement étendue. Des conducteurs contraints de faire demi-tour, des embouteillages inédits, et des établissements publics fermés pour des raisons de sécurité : écoles, centres de santé et lieux de culte ont suspendu leurs activités. Le complexe scolaire Papo, l’école Ahoma, le centre de santé La Trinité ainsi que l’église 8ème CEPAC Hébron ont tous gardé portes closes ce vendredi matin.

À l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) de Magopi, les examens prévus ont été reportés, et les cours ont été exceptionnellement déplacés vers l’hôpital général de Kisangani, situé hors zone de turbulence.

Cet énième acte de banditisme met une nouvelle fois en lumière l’escalade de l’insécurité à Kisangani. Les incursions de groupes armés deviennent de plus en plus fréquentes, attisant l’inquiétude des habitants. Ces derniers interpellent les autorités locales et provinciales sur l’urgence de mesures concrètes : sécurisation des quartiers sensibles, réhabilitation des infrastructures routières et présence policière effective sur le terrain.