Unikis : 10 irrégularités révèlent les failles des nominations d’assistants annulées ( Commission Tshimpanga)

Redaction
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Kisangani, 9 décembre 2025
L’Université de Kisangani (UNIKIS) est au cœur d’une vive polémique depuis l’annulation de deux décisions de l’ancien recteur portant nomination de nouveaux assistants. Dans la province de la Tshopo, la mesure a suscité un torrent de réactions, révélant un malaise plus profond autour du respect des normes académiques et administratives dans la gestion des ressources humaines de l’institution.

Pour mettre fin aux spéculations et éclairer l’opinion publique, la commission chargée d’examiner la conformité des décisions annulées — instituée par le nouveau recteur, le professeur Matthieu Kirongozi Bometa — s’est exprimée ce mardi 9 décembre 2025 devant la presse boyomaise, au bâtiment administratif de l’UNIKIS.

Présidée par le professeur émérite Joseph Tshimpanga Bakadianjila, la commission affirme avoir relevé de graves irrégularités, réparties en neuf grands griefs, qui, selon elle, justifient pleinement l’annulation des nominations.

Parmi les éléments les plus marquants figurent la désignation d’assistants alors qu’ils étaient encore étudiants, ainsi que la nomination de candidats issus d’instituts supérieurs, formations ne justifiant pas le niveau académique requis pour exercer dans une université publique. La commission déplore également que certains nominés n’aient obtenu aucune distinction académique, condition pourtant essentielle pour l’accès au corps scientifique.

Plus troublant encore, plusieurs assistants auraient été nommés sans déposer de dossier complet, ni obtenir l’avis préalable des facultés et départements concernés. D’autres candidats auraient même dépassé l’âge exigé pour le recrutement au sein du personnel académique.

Sur le plan administratif, la commission note que les décisions invalidées ont été prises et publiées après la sortie de l’arrêté ministériel et après la remise et reprise au rectorat, rendant l’acte dépourvu de base légale.
À cela s’ajoute l’absence totale de traces administratives auprès des membres du comité de gestion sortant. Quatre d’entre eux affirment d’ailleurs avoir découvert ces décisions dans les médias, n’ayant jamais été associés à leur élaboration.

Enfin, l’instance relève une anomalie de procédure : les assistants auraient été notifiés par la même personne qui les avait nommés, alors que cette tâche incombe normalement au Secrétaire Général Académique.

Pour le professeur Tshimpanga, ces irrégularités cumulées « mettent en péril la crédibilité scientifique de l’université » et nécessitaient une décision corrective urgente.

En annulant ces nominations, le nouveau comité de gestion dit vouloir restaurer la rigueur, la transparence et le respect strict des textes réglementaires dans la gouvernance universitaire. Une démarche qui, si elle fait débat, ouvre néanmoins un nouveau chapitre dans la quête de crédibilité institutionnelle de l’UNIKIS.

FROK