Tshopo : quand l’insécurité franchit les murs des hôpitaux, les blouses blanches haussent le ton

Redaction
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Par-delà les urgences médicales et le serment de sauver des vies, les professionnels de santé de la province de la Tshopo se retrouvent aujourd’hui confrontés à une autre réalité tout aussi vitale : leur propre sécurité. Réunis au sein de leurs différentes corporations, toutes catégories confondues, ils ont exprimé, ce mardi 27 janvier 2026, leur indignation et leur profond désarroi face à la montée inquiétante de l’insécurité qui cible désormais les établissements de soins de la ville de Kisangani.
Hôpitaux, cliniques, centres hospitaliers, centres médicaux et centres de santé, publics comme privés, ne sont plus épargnés. Ces lieux censés être des zones de neutralité et de protection absolue sont progressivement transformés en véritables théâtres de terreur. C’est ce cri d’alarme que les blouses blanches ont consigné dans un mémorandum officiellement déposé au gouvernorat de province et réceptionné par le vice-gouverneur, Didier Lomoyo Iteku, au nom de l’autorité provinciale.
Lu par le Dr Mambandu Germain, secrétaire exécutif provincial adjoint chargé des organisations, syndicats et structures assimilées du SYNAMED, le document dresse un tableau sombre de la situation sécuritaire. De avril 2025 à ce jour, des malfrats armés ont multiplié les attaques : braquages nocturnes, vols, pillages, agressions physiques et même des violences sexuelles visant des personnels féminins en service.


La liste des établissements touchés est éloquente et alarmante : l’Hôpital du Cinquantenaire de Kisangani, la Polyclinique du Millénaire, l’Hôpital Général de Référence de Kabondo, le Centre de santé Imani, le Centre médical Shukrani, le Centre hospitalier CELPA. Le dernier cas en date, particulièrement choquant, concerne le Centre de Santé de Référence Neema de la 8ᵉ CEPAC, dans la commune de Makiso, où des hommes armés non autrement identifiés ont fait irruption dans la nuit du 19 au 20 janvier. Personnels de garde et patients hospitalisés ont été dépouillés de leurs biens, plongeant l’établissement dans la stupeur et la peur.
Face à cette situation jugée intenable, les professionnels de santé formulent une série de recommandations fermes : le renforcement général des mesures de sécurité pour l’ensemble de la population de Kisangani, la mise en place de dispositifs spécifiques de protection pour les établissements de soins, l’ouverture d’enquêtes sérieuses afin d’identifier et d’interpeller les auteurs de ces crimes, leur traduction effective en justice et la garantie qu’ils purgent réellement et totalement leurs peines. Une liste qui, précisent-ils, n’est nullement exhaustive.

VG LOMOYO

En réponse, le vice-gouverneur Didier Lomoyo Iteku a tenté d’apaiser les esprits. Il a assuré que le gouvernement provincial de la Tshopo prendra en compte l’ensemble des revendications formulées et que l’opération de traque des bandits à mains armées se poursuit sans relâche, jusqu’à leur dernier retranchement. Objectif affiché : permettre à chaque citoyen de la Tshopo, soignant ou patient, de recouvrer la paix et la sérénité.
Reste à savoir si ces engagements se traduiront rapidement en actes concrets sur le terrain. Pour les professionnels de santé, l’enjeu est clair : soigner sans craindre pour sa vie ne devrait jamais relever du luxe, encore moins dans une ville qui aspire à la stabilité et à la sécurité pour tous.

VTL