Tensions à Yangambi : le recteur de l’IFA prône la non-violence après les heurts entre étudiants et policiers

Redaction
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Le dimanche dernier, le paisible campus de yangambi de l’Institut Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi (IFA Yangambi) a été le théâtre de vives tensions entre les étudiants et des éléments de la Police de Circulation Routière (PCR). Une altercation, encore entourée de zones d’ombre, a rapidement dégénéré, suscitant l’inquiétude dans cette institution habituellement calme et réputée pour sa discipline.

Dans une interview exclusive accordée à depechesdelatshopo.com, ce lundi dans son bureau à Kisangani le recteur de l’IFA Yangambi, le professeur Baudouin Michel Théo, a réagi avec gravité et fermeté aux événements. Homme de science mais aussi homme de principes, il a livré un message clair : la contestation étudiante est légitime, mais elle ne saurait, en aucun cas, être violente.

« Je suis pour les relations paisibles », a-t-il déclaré avec une conviction palpable. « On peut toujours revendiquer ce qu’on veut, mais paisiblement, par la non-violence. »

Le professeur Michel, connu pour son franc-parler et son passé d’étudiant engagé, n’a pas manqué de rappeler qu’il fut lui-même, dans sa jeunesse, un fervent contestataire. Toutefois, souligne-t-il, jamais il ne s’est laissé emporter par la violence. C’est là, selon lui, la ligne rouge à ne pas franchir.

« Quand j’étais jeune et beau, il y a très longtemps, j’étais un étudiant surnommé contestataire par le recteur de l’époque. J’ai beaucoup manifesté, mais jamais avec violence », a-t-il confié avec un brin d’humour, mais sans légèreté sur le fond.

L’incident de dimanche, une escalade qui aurait pu être évitée, estime le recteur, si le principe de non-violence avait été respecté par tous les protagonistes.

« La non-violence, c’est le principe même de la manifestation. C’est la démocratie. Les étudiants, s’ils veulent manifester, ils peuvent, mais de manière non violente. C’est la clé du succès. »

Le professeur Michel en appelle donc à la conscience collective et au sens de responsabilité de la jeunesse estudiantine. Il exhorte également les forces de l’ordre à faire preuve de retenue et de respect des droits fondamentaux dans leurs interventions. Car si la jeunesse a le devoir de s’exprimer, l’État, lui, a le devoir d’écouter – sans bâton ni matraque.

L’IFA Yangambi, joyau académique au cœur de la Tshopo, ne peut se permettre de devenir un champ de bataille. L’histoire récente des mouvements estudiantins en République Démocratique du Congo l’a démontré à maintes reprises : le dialogue reste l’arme la plus efficace dans la quête de justice sociale.

FROK