KISANGANI – À l’initiative de l’archevêque métropolitain de Kisangani, Monseigneur Marcel Utembi Tapa, une messe d’action de grâce en hommage au Bienheureux Floribert Bwana Chui sera célébrée le mardi 8 juillet 2025 à midi, à la cathédrale Notre-Dame du Très Saint Rosaire. L’annonce a été rendue publique par l’évêque auxiliaire, Monseigneur Léonard Ndjadi Ndjate, à la fin de la messe du 30 juin dernier, dans un communiqué solennel adressé aux fidèles catholiques et aux personnes de bonne volonté.
Cette célébration eucharistique revêt une signification toute particulière : elle commémore l’anniversaire du martyre de Floribert Bwana Chui, jeune laïc congolais récemment béatifié à Rome par le pape Léon XIV. Agrémentée par les chants de la chorale diocésaine, la messe rassemblera une communauté chrétienne unie autour du témoignage de foi, de courage et d’intégrité d’un jeune homme devenu modèle pour l’Église universelle.
Le martyre de l’intégrité
Né à Goma le 13 juin 1981, Floribert Bwana Chui était membre actif de la Communauté de Sant’Egidio. Fonctionnaire à l’Office Congolais de Contrôle (OCC), il s’était farouchement opposé à l’importation de denrées avariées, refusant toute tentative de corruption. Malgré les pressions et les menaces, il resta ferme : « Mieux vaut mourir que d’accepter cet argent », avait-il déclaré. Il sera enlevé puis assassiné dans la nuit du 7 au 8 juillet 2007, à seulement 26 ans.
Son geste héroïque a fini par être reconnu officiellement par l’Église catholique. Le 25 novembre 2024, le pape François a reconnu son martyre, ouvrant la voie à sa béatification. Celle-ci a été célébrée le 15 juin 2025, à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome, lors d’une liturgie présidée par le cardinal Marcello Semeraro. La cérémonie, marquée par la présence de nombreux fidèles venus de divers horizons, a été un moment fort de reconnaissance et de communion.
Un modèle pour les jeunes et l’Afrique
Dans son homélie de béatification, le pape Léon XIV a présenté Floribert comme un modèle de sainteté pour la jeunesse, un témoin vivant de la puissance de la prière, de l’écoute de la Parole de Dieu et de l’engagement communautaire. À travers ce jeune martyr, l’Afrique, et plus particulièrement la République démocratique du Congo, offre à l’Église un visage de sainteté enracinée dans la justice sociale et le refus de la compromission.
La mémoire du Bienheureux Floribert Bwana Chui devient ainsi un levain pour la conscience citoyenne, une source d’inspiration pour tous ceux qui, en Afrique et ailleurs, luttent contre la corruption, l’impunité et les violences.
Une logistique déjà en place
À Kisangani, les préparatifs vont bon train. La Procure de mission annonce déjà la disponibilité de pagnes frappés à l’effigie du Bienheureux Floribert, permettant aux fidèles de participer à la célébration dans un esprit de communion visuelle et spirituelle.
Cette messe du 8 juillet ne sera pas seulement un hommage liturgique ; elle se veut un appel renouvelé à l’engagement des laïcs, à la responsabilité des jeunes et à l’affermissement d’une foi vécue au quotidien, dans la vérité et l’amour.
Floribert Bwana Chui rejoint désormais les figures emblématiques de la sainteté congolaise telles que Anuarite Nengapeta, Isidore Bakanja et le père Albert Joubert, illustrant la vitalité de l’Église en Afrique. En lui, l’Église célèbre le courage d’un jeune homme qui a préféré la mort à la trahison de sa conscience, faisant de son sacrifice un signe éclatant de résurrection pour son peuple.
FROK
