Kisangani, le 21 octobre 2025 – La polémique née autour d’une prétendue disparition de sexe à Kisangani, impliquant à tort le jeune frère d’un médecin en séjour au ConKim Lodge avec sa famille, continue d’alimenter les débats et les conversations dans la ville. Dans un témoignage exclusif accordé à depechesdelatshopo.com, M. Kimbembe Mazunga, promoteur du ConKim Lodge, situé au quartier Konga-Konga/CIMESTAN, revient sur le déroulement des faits et raconte comment un drame a pu être évité de justesse grâce à une intervention rapide et coordonnée des forces de l’ordre.« On a failli connaître un véritable drame ! », s’est exclamé Kimbembe Mazunga.
Un Incident banal aux conséquences inattendues
Selon son récit, tout serait parti d’un incident apparemment anodin impliquant un ancien militaire en voie de réinsertion, employé au sein du Lodge. Sous l’emprise du chanvre, ce dernier aurait eu une altercation avec le jeune frère du médecin, qui lui avait simplement demandé d’aller acheter des cigarettes pour lui. Rien ne laissait présager que cette discussion, somme toute banale, allait dégénérer au point de menacer la vie d’une famille entière.
Une escalade incontrôlée
Les événements se sont ensuite précipités. « C’est lorsque la famille du médecin s’apprêtait à quitter les lieux que l’ex-militaire interpella le jeune homme en lui lançant : “Zongisa bord na ngai !” (Rends-moi ma force virile) », raconte M. Kimbembe. Pris de panique, l’ancien soldat, déjà affaibli par une hernie, aurait alors cru constater la disparition de son organe génital. Convaincu d’avoir été victime d’un sortilège, il alerta aussitôt plusieurs membres de sa famille et voisins, provoquant un attroupement menaçant autour du Lodge. La situation risquait de virer au drame : les cris, la tension et la colère de la foule faisaient craindre un lynchage de la famille du médecin, accusée à tort de sorcellerie.
Une intervention policière décisive
Heureusement, la vigilance du gérant du Lodge et l’alerte immédiate donnée à M. Kimbembe ont permis d’éviter le pire. « Le gérant a eu la présence d’esprit de faire fermer la barrière pour sécuriser les lieux. Pour ma part, une fois informé de la situation, j’ai immédiatement contacté le Général de la Police de Kisangani — l’un des meilleurs commandants de District que j’avais connu à l’époque où j’étais Gouverneur de la ville de Kinshasa. Sa réaction fut exemplaire : il a aussitôt dépêché une « jeep » de policiers sur place, tandis que le Parquet était saisi en urgence », explique M. Kimbembe. L’arrivée rapide des forces de l’ordre avait permis de disperser la foule, de calmer les esprits et de mettre la famille du médecin en sécurité. Le lendemain, un suivi administratif et psychologique fut organisé afin de tourner la page de cet épisode traumatisant.« Le gérant a réglé ce qu’il fallait auprès de la Police et du Parquet. Pour ma part, j’ai pris en charge une partie des frais nécessaires au suivi psychologique des enfants du médecin, encore choqués par la scène », ajoute le promoteur du Lodge.
Compréhension retrouvée, mais pertes importantes
Après plusieurs échanges entre le médecin, son avocat et la direction du Lodge, un climat d’apaisement et de compréhension mutuelle s’est progressivement installé entre les deux parties. Le médecin, rassuré par la prise en charge et la bonne foi manifestée, a finalement retiré la plainte déposée, mettant un terme à cette affaire tendue. Cependant, tout ne s’est pas terminé sans dommage : « Nous avons payé le prix fort. En plus des dépenses engagées pour rétablir la paix, nous avons subi des vols de matériel dans la confusion. Mais l’essentiel est qu’aucune vie n’ait été perdue », confie M. Kimbembe avec émotion.
Un phénomène récurrent et inquiétant
Cet incident illustre une fois de plus la fragilité du climat sécuritaire face aux rumeurs de disparition de sexe, un phénomène récurrent dans plusieurs villes du pays. Souvent déclenchées par la peur, la méconnaissance ou la manipulation, ces rumeurs entraînent régulièrement des violences injustifiées et des atteintes graves à la vie humaine. M. Kimbembe en appelle à la vigilance et à la responsabilité de tous : « Il est urgent que les autorités, les médias et la société civile renforcent la sensibilisation de la population. La peur ne doit jamais conduire à la barbarie. »
Analyse
Cette affaire aura eu le mérite de rappeler qu’entre superstition et hystérie collective, la frontière est souvent mince. À Kisangani comme ailleurs, la prévention, l’éducation et la réaction rapide des autorités demeurent les meilleurs remparts contre ces dérives qui ternissent l’image du pays et mettent en péril la cohésion sociale.
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