La tension est montée vendredi dans la commune de Makiso, à Kisangani, où un projet de démolition d’habitations au quartier Plateau-Médical suscite une vive inquiétude au sein de la population. Dans une correspondance officielle adressée au Vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale et des Anciens combattants, l’honorable Lotika Likwela Theoveul appelle à une suspension immédiate de la décision attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Selon l’élu de la ville de Kisangani, plusieurs habitants des avenues Cabine, installés depuis des années dans cette zone située entre la 4e et la 1ère avenue, à proximité de l’aéroport de Simi-Simi, auraient été pris de court par une opération militaire visant à ériger un camp. « Sans aucune communication préalable », des éléments des FARDC auraient déjà posé des piquets de délimitation, laissant craindre une démolition imminente des habitations.
Face à cette situation, la réaction des riverains ne s’est pas fait attendre. Des barricades ont été érigées et la circulation perturbée, signe d’un ras-le-bol face à ce qu’ils perçoivent comme une atteinte à leurs droits fonciers. La population, visiblement déterminée, exige des garanties quant à la sécurisation de ses biens acquis, pour certains, depuis plusieurs décennies.
Dans sa démarche, le député national met en avant la nécessité de préserver la paix sociale dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires persistants. Il exhorte le gouvernement central, à travers le ministère de la Défense, à privilégier une approche concertée et responsable.
L’honorable Lotika Likwela Theoveul propose ainsi la mise en place d’une commission mixte réunissant les autorités militaires, les services fonciers ainsi que les représentants des occupants. Cette structure aurait pour mission de vérifier les titres de propriété et d’évaluer la légalité des occupations avant toute décision irréversible
En sollicitant une « surséance » de la mesure envisagée, le député national s’inscrit dans une logique d’apaisement, plaidant pour une solution équilibrée entre impératifs sécuritaires et droits des citoyens. Reste à savoir quelle suite sera réservée à cette requête au sommet de l’exécutif.
