Journée mondiale des sols 2024: le professeur Jean-Robert NZANZA explique  » La revanche du sol sur le sous-sol », vision du chef de l’État

Redaction
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A l’occasion de la Journée Mondiale des Sols, célébrée ce 5 décembre 2024, la rédaction de depechesdelatshopo.com a interviewé le Professeur Jean-Robert NZANZA Bombiti, expert en agriculture intelligente, santé des sols, et durabilité environnementale. Ancien Gouverneur de la Province du Bas-Uélé, il est également Président du CELBG et CEO d’Envirodec Sustainability Group.

Voici par l’intégralité de cet entretien:
Rédaction :
Aujourd’hui, nous discuterons du thème « Prendre soin des sols : mesurer, surveiller, gérer », mais aussi de la vision du chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo axée sur « La revanche du sol sur le sous-sol ».
Professeur Jean-Robert NZANZA, quel est l’objectif de la journée mondiale du sol ?

Professeur Jean-Robert NZANZA :
La Journée mondiale des sols est célébrée chaque année le 5 décembre vise à sensibiliser tout le monde à l’importance d’un sol en bonne santé et promouvoir une gestion durable des ressources en sol. Cette initiative, soutenue par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), vise à attirer l’attention sur les défis liés à la dégradation des sols et à encourager des pratiques durables.
Les sols jouent un rôle crucial dans la production alimentaire, la préservation de la biodiversité, le stockage du carbone et la régulation de l’eau. Cependant, ils sont souvent négligés ou mal gérés, ce qui conduit à leur dégradation.

Redaction: Professeur NZANZA, que représente pour vous la vision du Président de la République intitulée « La revanche du sol sur le sous-sol » ?

Professeur Jean-Robert NZANZA : Cette vision est une véritable transformation stratégique pour la RDC. Elle place l’agriculture au cœur du développement économique et de la diversification de notre économie. Contrairement à une dépendance historique sur les ressources minières, le Chef de l’État propose de tirer parti de nos 80 millions d’hectares de terres arables pour bâtir une agriculture durable, capable de nourrir notre population et de générer des revenus à long terme.Cela implique d’investir dans les sols en adoptant des approches modernes et en mobilisant les communautés rurales autour d’une gestion intégrée des terres. Cette vision appelle également à une synergie entre l’État, les partenaires techniques et financiers, et les acteurs locaux pour atteindre cet objectif ambitieux.

Rédaction : Vous avez mentionné le PDL-145T. Que pensez-vous du rôle de la Composante 2 axée sur l’agriculture et la chaîne de valeur ?

Professeur Jean-Robert NZANZA :La Composante 2 du PDL-145T, axée sur l’agriculture et les chaînes de valeur agricoles, est une opportunité majeure pour catalyser la transformation du secteur agricole en RDC.Elle met l’accent sur : Le développement des infrastructures agricoles notamment la Construction de routes rurales pour relier les producteurs aux marchés; la Mise en place de centres de stockage et de transformation

Il y a aussi la valorisation des produits locaux. Il est question d’Encourager la transformation sur place pour augmenter la valeur ajoutée et soutenir les chaînes de valeur, du producteur au consommateur.
Le renforcement des capacités des communautés rurales avec la Formation des agriculteurs sur des pratiques modernes et durables et l’Accès facilité aux intrants, technologies et financements.Je tiens à saluer le travail exceptionnel accompli par les structures principales impliquées – PNUD, BCeCo, et CFEF. Ces institutions jouent un rôle clé dans la mise en œuvre de ce programme ambitieux, en garantissant une planification rigoureuse, une coordination efficace et un impact direct sur les communautés locales. Leur engagement est essentiel pour transformer cette vision en réalité et pour assurer un développement durable au profit de tous.
Rédaction : Quel est le message clé que vous pouvez placer ici?

Professeur Jean-Robert NZANZA : Pour que cette composante soit un succès, il est indispensable d’appliquer les principes du thème de cette journée – mesurer, surveiller, gérer – afin d’assurer une gestion durable et efficace des sols, en particulier dans les zones ciblées par le PDL-145T.
Rédaction : Comment l’initiative de développer 60 000 hectares de cultures, portée par le Ministre de l’Agriculture, s’inscrit-elle dans cette vision ?
Professeur Jean-Robert NZANZA :Je tiens à saluer l’extraordinaire leadership du Ministre de l’Agriculture pour cette initiative ambitieuse. Les 60 000 hectares de cultures représentent un tournant stratégique pour la RDC, mais leur succès dépend de plusieurs facteurs notamment la Santé des sols :avec des analyses précises qui sont nécessaires pour connaître les besoins spécifiques de chaque parcelle et guider les pratiques agricoles.
Ajoutons à cela, l’Innovation technologique avec l’intégration de l’intelligence artificielle et des technologies modernes peut optimiser les rendements et minimiser les pertes.
Il y a aussi le Soutien communautaire c’est-à-dire que les communautés doivent être formées et accompagnées dans l’adoption de pratiques agricoles durables.
On ne peut pas oublier les Infrastructures adaptées, en d’autres termes l’accès aux marchés et la transformation des produits sur place sont des leviers essentiels pour maximiser l’impact de cette initiative.
Ainsi, cette vision ne pourra réussir qu’avec une approche holistique, combinant technologie, recherche et soutien communautaire.
Rédaction : En quoi le thème de cette Journée Mondiale des Sols peut-il renforcer les projets en cours ?

Professeur Jean-Robert NZANZA : Le thème « Mesurer, surveiller, gérer » est la clé pour assurer la durabilité des projets agricoles en RDC :
Mesurer : Chaque projet doit commencer par une analyse des sols pour garantir que les pratiques agricoles sont adaptées à chaque région.
Surveiller :Grâce aux outils modernes comme les drones et l’intelligence artificielle, il est possible de suivre en temps réel l’évolution des sols et des cultures, réduisant ainsi les risques d’échec.
Gérer :Une gestion durable inclut des pratiques comme l’ajout de compost ou de biochar, l’agriculture de conservation, et la rotation des cultures pour maintenir la fertilité des sols.Ces principes appliqués aux initiatives du PDL-145T garantiront leur succès et leur impact durable.
Rédaction : Un dernier mot pour notre public ?
Professeur Jean-Robert NZANZALes sols sont à la base de notre sécurité alimentaire, de notre économie, et de notre environnement. Leur santé est essentielle pour bâtir un avenir prospère et durable pour notre nation. Investir dans nos sols, c’est investir dans la résilience climatique, l’autonomie économique et la sécurité alimentaire.Grâce à la vision stratégique du Chef de l’État et aux initiatives ambitieuses du Ministre de l’Agriculture, notamment le PDL-145T, la RDC a une opportunité unique de devenir un modèle de développement agricole durable en Afrique.Ensemble, mesurons, surveillons et gérons nos sols pour transformer cette richesse naturelle en moteur de progrès pour les générations futures. Faisons de nos sols une véritable richesse nationale.
Rédaction : Merci, Professeur NZANZA, pour cet entretien enrichissant et inspirant. Nous espérons que ces réflexions contribueront à sensibiliser nos internautes à l’importance des sols et à encourager des actions concrètes pour un développement durable.

Rédaction