Réuni en sa 74ᵉ réunion ordinaire le vendredi 09 janvier 2026, sous la haute autorité du Président de la République, Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Conseil des ministres a pris connaissance d’une note d’information d’importance stratégique présentée par le ministre des Mines. Cette communication portait sur le projet des Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR) et sur les orientations de gouvernance nécessaires à sa mise en œuvre.
Présenté à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, ce projet marque une étape décisive dans la politique minière nationale. Pour la première fois, la République démocratique du Congo envisage une exploitation industrielle structurée de son immense potentiel en minerai de fer, dont les ressources cumulées sont estimées entre 15 et 20 milliards de tonnes, avec une teneur moyenne supérieure à 60 %. Des chiffres qui placent le pays parmi les principaux détenteurs mondiaux de ressources ferrifères encore largement inexploitées à grande échelle.
Mais au-delà de l’extraction minière, le projet MIFOR se veut un véritable levier d’architecture économique nationale. Selon le ministre des Mines, il repose sur une vision intégrée : transformer progressivement une ressource stratégique en infrastructures souveraines, générer des recettes durables, renforcer la stabilité macroéconomique et promouvoir un développement territorial équilibré. Dans cette approche, la mine n’est plus une fin en soi, mais un instrument financier au service de la création d’actifs structurants de long terme pour l’État congolais.
La phase initiale du projet est dimensionnée pour une capacité de production d’environ 50 millions de tonnes par an, avec une extension possible jusqu’à 300 millions de tonnes annuelles, des niveaux comparables aux grands bassins ferrifères internationaux. Cette première étape ne se limite pas à l’extraction du minerai : elle intègre également des unités de transformation industrielle et la mise en place d’un corridor logistique multimodal combinant rail lourd, transport fluvial sur le fleuve Congo et accès au port en eaux profondes de Banana, un maillon stratégique pour l’exportation.
Sur le plan économique, les projections présentées au Conseil sont éloquentes. Les études consolidées estiment l’investissement initial à 28,9 milliards de dollars américains pour la première phase. Sur un horizon de 25 ans, le modèle économique prévoit un chiffre d’affaires cumulé de plus de 679 milliards USD, un cash-flow net excédant 308 milliards USD, ainsi qu’un taux de rentabilité interne élevé, traduisant, selon le ministre, la robustesse du projet même sous des hypothèses prudentes du marché international.
Pour l’État congolais, les retombées attendues sont à la fois substantielles et diversifiées. Après plus d’un siècle d’exploitation minière essentiellement centrée sur le cuivre et le cobalt, MIFOR symbolise une inflexion stratégique majeure du modèle extractif national, en diversifiant les ressources et en renforçant la souveraineté économique du pays.
Le projet a par ailleurs suscité l’intérêt d’investisseurs institutionnels internationaux disposant d’une expertise reconnue dans la structuration et le financement de projets macroéconomiques. Un signal jugé favorable en termes de bancabilité et de crédibilité internationale, tout en précisant qu’aucun engagement juridique n’est pris à ce stade et que les décisions souveraines de l’État restent pleinement préservées.
Afin d’assurer un encadrement rigoureux de cette initiative d’envergure, le ministre des Mines a sollicité et obtenu du Conseil des ministres la mise en place d’une Commission interministérielle élargie dédiée au projet MIFOR. Cette structure aura pour mission d’en assurer le pilotage stratégique, la coordination institutionnelle et la structuration progressive, dans le strict respect des orientations souveraines du Gouvernement.
Le Conseil des ministres a pris acte de cette note d’information, ouvrant ainsi la voie à ce qui pourrait devenir l’un des projets miniers et industriels les plus structurants de l’histoire économique récente de la République démocratique du Congo.
FROK
