À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, célébrée ce jeudi 23 avril 2026, la salle des conférences de l’Alliance Française de Kisangani a vibré au rythme des mots, de la passion et de l’engagement des jeunes élèves venus défendre la cause du livre.
Organisé par l’Union des écrivains du Congo, ce concours d’éloquence a réuni une vingtaine d’élèves issus de dix établissements scolaires de la ville, dans un contexte marqué par une volonté affirmée de redonner à la lecture ses lettres de noblesse.
Au terme d’une compétition relevée, c’est l’élève Lomenga Lisungi de l’Institut Chololo Pedacom qui s’est illustré en décrochant la première place. Il est suivi de deux représentants du Collège Saint Jean, Nzokona et Elikya, respectivement deuxième et troisième.
Au-delà du podium, tous les participants – notamment ceux du Collège Maele, du Lycée Chemchem ya Uzima et du Complexe scolaire de l’Excellence – ont été récompensés par des enveloppes symboliques, sous les applaudissements nourris d’une assistance visiblement conquise.

Un plaidoyer fort pour le retour du livre
Bien avant le début des prestations, le président de l’UECO/Tshopo, Simon Abunzo, a donné le ton dans un discours à la fois lucide et mobilisateur. Reconnaissant que « le livre a perdu un peu de sa voix » face à la montée des écrans et aux contraintes du quotidien, il a invité l’assistance à se réapproprier la lecture comme un droit fondamental, un refuge et une source d’éveil.
Dans une envolée pédagogique, il a rappelé que lire, c’est dialoguer avec des figures universelles telles que William Shakespeare et Miguel de Cervantès, tout en valorisant les auteurs locaux qui racontent les réalités de Kisangani et du Congo.
« L’éloquence, ce n’est pas seulement bien parler. C’est prêter sa voix à un texte pour qu’il touche un cœur », a-t-il martelé, appelant les élèves à devenir les ambassadeurs d’une lecture vivante et incarnée.
Une jeunesse porteuse d’espoir
Sur scène, les candidats n’ont pas simplement récité des textes : ils ont donné vie aux mots, captivant le public par leur aisance, leur expressivité et leur engagement. Une prestation qui témoigne d’un potentiel réel et d’un attachement, parfois insoupçonné, à la culture du livre.
Présent parmi les invités de marque, le professeur Alexis Katambwa Mutombo de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Kisangani a salué la qualité des prestations. Il a encouragé les élèves à persévérer dans la lecture et l’expression orale, deux leviers essentiels de formation intellectuelle et citoyenne.

Réveiller la lecture à Kisangani
Au-delà de la compétition, cette initiative de l’UECO/Tshopo s’inscrit dans une dynamique plus large : celle de raviver la culture du livre dans une ville où, comme l’ont reconnu les organisateurs, la lecture tend à s’effacer progressivement.
Le pari semble toutefois en bonne voie d’être relevé. À travers ces jeunes voix, Kisangani redécouvre que le livre n’est pas silencieux : il attend simplement d’être lu, porté et partagé.
En ce 23 avril, la parole a été donnée aux élèves. Et ils ont prouvé, avec brio, que l’éloquence peut être une arme puissante pour réconcilier la jeunesse avec le livre.
FROK
