Choléra à Opala: Les soignants lancent un SOS à la province et aux partenaires

Redaction
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L’épidémie de choléra frappe durement la zone de santé d’Opala, située à plus de 250 kilomètres de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Depuis la 15ᵉ semaine épidémiologique jusqu’à la 22ᵉ, 618 cas ont été notifiés, dont 27 décès enregistrés, selon les chiffres alarmants publiés par les services sanitaires locaux. Dix des vingt-trois aires de santé de la zone sont désormais touchées, certaines plus gravement que d’autres.

Parmi les foyers les plus affectés, l’aire de santé de Lomami arrive en tête avec 171 cas recensés, suivie par Opala 1 (133 cas) et Irema (104 cas). À l’opposé, l’aire de santé de Kenake reste la moins touchée avec seulement 4 cas notifiés. Ces données témoignent d’une propagation rapide et inégale du choléra dans la région.

Sur 17 échantillons collectés, 11 se sont révélés positifs au vibrion cholérique, confirmant la présence active du germe responsable. Ce fléau n’épargne personne : enfants comme adultes sont touchés, accentuant la pression sur un système de santé déjà précaire.

Une riposte en difficulté

Face à l’ampleur de la situation, les équipes locales de riposte, dirigées par le Docteur Franck Awendi, médecin chef de zone de santé d’Opala par intérim, tentent tant bien que mal de contenir l’épidémie. Aux côtés de l’infirmier superviseur Marcel Koko Lima et de l’animateur communautaire Joseph Lekongo Ilanga, les efforts s’intensifient malgré des moyens largement insuffisants.

« Nous faisons de notre mieux, mais nous sommes débordés. Le nombre de cas ne cesse d’augmenter et nous manquons cruellement de ressources », alerte Dr Awendi, appelant à une intervention d’urgence de la Division Provinciale de la Santé (DPS-Tshopo) et des partenaires techniques et financiers qui interviennent habituellement lors des épidémies.

Jusqu’à présent, aucune assistance concrète n’a été apportée à la zone, ni en Sérum de Réhydratation Orale (SRO), ni en chlore pour le traitement de l’eau, ni en médicaments essentiels pour la prise en charge communautaire. Une situation que dénoncent ouvertement les professionnels de santé sur place, tout en réclamant également l’implication des autorités politico-administratives, craignant une propagation au-delà des frontières d’Opala à cause des mouvements de population non contrôlés.

Prévention : la population appelée à la vigilance

En attendant une réponse des autorités et des partenaires, le docteur Awendi appelle la population à respecter scrupuleusement les mesures d’hygiène, seul rempart immédiat contre la contamination.

Parmi ces mesures :

  • Se laver les mains avec de l’eau propre et du savon pendant au moins 20 secondes,
  • Se laver les mains après être allé aux toilettes, après avoir touché des objets potentiellement contaminés ou une personne malade,
  • Boire de l’eau traitée ou bouillie,
  • Bien cuire les aliments avant de les consommer.

Un appel à l’action

Le choléra est une maladie évitable. Mais pour cela, il faut plus qu’un rappel des règles d’hygiène : il faut une volonté politique, un soutien logistique, et surtout, une réponse coordonnée entre les services de santé, les organisations humanitaires et les autorités locales.

Chaque jour qui passe sans intervention est un jour de trop. Opala ne peut affronter seule cette crise sanitaire qui menace de devenir régionale si rien n’est fait.

VTL