Sponsoring de l’AS Monaco par la RDC : une dépense qui indigne la société civile congolaise

Redaction
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L’annonce fait l’effet d’une bombe : la République démocratique du Congo serait en négociation avancée pour sponsoriser le club de football français AS Monaco à hauteur de 4,8 millions d’euros sur trois ans, assortis d’un bonus annuel de 20 000 euros. Le motif officiel ? “Promouvoir l’image du pays” et “attirer les investisseurs”. Mais pour les mouvements citoyens et défenseurs des droits humains, cette initiative est une provocation et une aberration politique.

> “C’est une gifle pour un peuple qui vit dans une pauvreté extrême”, dénoncent les signataires d’une déclaration commune publiée ce mardi.

 

Une priorité totalement déconnectée des réalités

Alors que le championnat national (Linafoot) est en coma économique, que les clubs congolais peinent à survivre et que les infrastructures sportives s’effondrent, le gouvernement songe à injecter des millions d’euros à l’étranger. Avec une telle somme, affirment les activistes, on pourrait relancer le football local, moderniser les stades, payer les joueurs et renforcer la visibilité nationale via des partenariats télévisés.

Un pays à reconstruire, pas à promouvoir en vitrine

La RDC manque cruellement d’infrastructures de base : routes, hôpitaux, aéroports, alimentation en eau et en électricité. “Croire qu’un logo sur un maillot suffira à attirer des investisseurs est une illusion dangereuse”, pointent les signataires. Pour eux, la priorité doit être la reconstruction nationale, pas le marketing international.

Entre corruption, insécurité et misère sociale

Dans un contexte de corruption endémique et d’instabilité persistante à l’Est, investir dans l’image sans soigner le fond revient à maquiller une plaie béante. Pendant ce temps, des millions de Congolais peinent à se nourrir, se soigner ou envoyer leurs enfants à l’école.

La RDC n’est pas un logo, elle est un peuple”

Face à ce projet jugé “irresponsable et indécent”, les mouvements signataires – dont LUCHA, Justice en Action, AJDDH et Envol – exigent son abandon immédiat et la redirection de ces fonds vers les vraies priorités nationales : santé, éducation, sécurité et emploi.

Les signataires :
Bienvenu Matumo (LUCHA), Emmanuel Mabunguta (Justice en Action), Dirk Shaka (activiste), Jacques Issongo (LUCHA), Jedidia Mabela (AJDDH), Lens Omelonga (Envol), Louis Tshikonde (LUCHA), Patrick Kalamba (journaliste sportif)