À l’heure où les dynamiques identitaires africaines cherchent à conjuguer tradition et modernité, la Ligue nationale des Anamongo (LINA) s’engage dans une étape décisive de son histoire. Réunie ce mardi à Kisangani, à l’esplanade de l’hôtel Glodi, la plateforme a annoncé la tenue prochaine, à Kinshasa, d’une grande rencontre scientifique et culturelle visant à doter l’organisation d’un nouveau statut juridique, en conformité avec les exigences de l’État congolais.
L’annonce a été faite par le président national de la LINA, le général Jean-Pierre Ondekane, au cours d’une rencontre d’échanges avec les membres de la fédération de la Tshopo. Devant une assemblée attentive, il a justifié cette initiative par la nécessité d’adapter l’organisation aux mutations du monde contemporain. « Le monde évolue, nous ne pouvons pas rester en marge », a-t-il martelé, appelant à une modernisation réfléchie qui ne renie pas les fondements culturels du peuple Anamongo.
Dans une démarche pédagogique, le président national a esquissé un rappel historique des origines du peuple Mongo, évoquant une migration ancienne partie de la Nubie, en Égypte, avant de traverser l’Afrique centrale — notamment le Cameroun, le Gabon et le Congo-Brazzaville — pour s’établir finalement en République démocratique du Congo. Une fresque migratoire qui, selon lui, illustre la richesse d’un héritage culturel à préserver et à structurer.
Successeur de feu Barthélémy Okito Oleka, Jean-Pierre Ondekane entend inscrire son mandat sous le sceau de l’unité, de la solidarité et du développement. Il a insisté sur le caractère apolitique de la LINA, mettant en garde contre toute instrumentalisation : « Nous aimons tous nos frères et sœurs politiciens, mais qu’ils ne nous emmènent pas la politique dans la famille », a-t-il déclaré, suscitant l’adhésion de l’assistance.
En amont de cette intervention, le mot de bienvenue a été prononcé par François Bassay Baloimba, au nom du président provincial Nestor Ingolo Losoko, saluant la visite du nouveau président national et exprimant la disponibilité de la Tshopo à accompagner la réforme en cours. De son côté, Alphonse Lungange Oketa a dressé un état des lieux de la LINA/Tshopo, mettant en exergue les avancées réalisées ainsi que les défis à relever.
La rencontre s’est déroulée en présence de la présidente nationale de la ligue des femmes de la LINA, dont la participation témoigne de la volonté d’inclusion et de représentativité au sein de la plateforme.
Fidèle à l’esprit des rassemblements coutumiers, la séance s’est achevée dans une ambiance festive, rythmée par des chants et danses traditionnels, agrémentés des célèbres taquineries des « oncles », marqueurs d’une convivialité profondément enracinée dans les pratiques sociales Anamongo.
Au-delà de son caractère organisationnel, cette initiative de la LINA apparaît comme une tentative de concilier mémoire collective et exigences institutionnelles, dans un contexte où les structures coutumières sont appelées à jouer un rôle de plus en plus structurant dans la société congolaise contemporaine.
A noter que la présidente nationale de la ligue des femmes de la LINA madame Cécile EDUNGU était avec le président national dans ce séjour boyomais.
