À Kisangani, le riz blanc, aliment de base par excellence, devient progressivement un produit de luxe. Dans les marchés de la ville, le prix du gobelet a connu une hausse spectaculaire. De 1 000, parfois 800 francs congolais en décembre, il se négocie désormais en mi-janvier entre 1400 et 1500 francs congolais selon les points de vente. Une flambée qui pèse lourdement sur le panier de la ménagère et fragilise davantage le pouvoir d’achat déjà précaire de la population boyomaise.
Au marché central comme dans les marchés de proximité, les vendeuses évoquent plusieurs facteurs pour justifier cette envolée des prix : rareté du produit, hausse des coûts de transport, mais aussi spéculation autour de cette denrée très demandée.
« Le riz devient rare. Les fournisseurs nous vendent cher, le transport coûte beaucoup et nous aussi on est obligées d’augmenter un peu pour gagner quelque chose. » explique une d’elles.
Mais pendant que les consommateurs se serrent la ceinture, du côté des producteurs et de certains commerçants, l’ambiance est toute autre. Alors que les fêtes de fin d’année sont déjà derrière nous, pour eux, la célébration se prolonge. La hausse des prix du riz blanc a multiplié leurs revenus. Une situation qui creuse davantage le fossé entre producteurs et consommateurs.
« Nous profitons de cette période parce que le riz se vend très bien. Ce sont nos efforts dans les champs qui paient aujourd’hui. » se réjouit un producteur trouvé à la rizerie non loin du marché central de Kisangani. Pour les clients, en revanche, c’est l’incompréhension et la colère. Devant les étals, les plaintes fusent:
« Je ne comprends pas pourquoi le prix a augmenté comme ça. Avant, j’achetais à 1 000 francs, parfois même à 800 francs. Aujourd’hui, on me parle de 1 500 ou 17 000 francs. Comment on va vivre ? »
Cette flambée des prix du riz blanc relance ainsi le débat sur la régulation des marchés et la protection du pouvoir d’achat des ménages à Kisangani, où se nourrir devient chaque jour un défi.
Stéphanie NASIBU
