L’assemblée provinciale de la Tshopo clôture le vendredi 28 juin 2024 les travaux de la session ordinaire de mars 2024. A quelques heures de cette fin, les députés provinciaux multiplient plusieurs moyens de contrôle sur le gouvernement provincial. C’est le ministre provincial en charge de l’intérieur qui a ouvert la série en répondant à la question orale avec débat lui adressée par le député provincial MESEMO WA MESEMO Thomas César sur l’insécurité dans la tshopo. Il a été suivi par son collègue des finances dans une question initiée par le député provincial Senold TANDIA Akomboyo. Même exercice du ministre provincial des sports à la question du député provincial Ghislain MOGENYA Baraka. Trois autres membres du gouvernement provincial sont aussi attendus. Il s’agit respectivement des ministres provinciaux sortants des mines, des ITPR et de la santé.
En réaction, le professeur Alphonse MAINDO, enseignant en science politique à l’Université de Kisangani explique que c’est une bonne chose que les nouveaux députés prennent leur rôle très au sérieux pour contrôler l’action gouvernementale. On comprend aussi que la fougue de début, on veut donner le las, comme pour marquer son terroir, espace. Ceci permet d’éviter que les ministres expédiant les affaires courantes ne puissent se contenter de tourner les pouces, voire pire piller les ressources publiques avant de s’en aller.
On peut effectivement se poser la question de l’opportunité voire de l’intérêt de ces interpellations du gouvernement provincial qui expédie les affaires courantes. On ne tire pas sur une ambulance ou un corbillard, dit-on. Il n’y a pas un moment favorable spécifique pour contrôler l’action gouvernementale, surtout dans le contexte congolais où l’intérim est souvent vécu comme une opportunité pour faire main basse en toute impunité et en toute quiétude sur les biens publics. Donc, il faut renforcer la vigilance sur les ministres et leurs cabinets.
Dans un contexte normal, on ne devrait pas multiplier des interpellations du gouvernement durant un intérim de courte durée comme celui en cours
» Pour moi, cela semble sonner comme un avertissement au prochain gouvernement comme pour lui dire que l’assemblée provinciale jouera pleinement son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, surtout que la population se plaint des politiciens tant la situation sociale, économique, sécuritaire, politique et sociale est volatile et explosive*, martelle le professeur Alphonse MAINDO.
Pourquoi n’interpelle-t-on le chef du gouvernement lui-même ? S’interroge-t-il. Et d’ajouter : » Ça peut vouloir dire simplement mettre la pression sur les ministres, et à travers eux le gouverneur pour les forcer à la collaboration voire à cracher le morceau. Quel est le pouvoir réel d’un ministre provincial ? Presque nul. Tout ceci semble n’être qu’un jeu de cirque pour montrer que l’on travaille. C’est de l’agitation politicienne et stérile. »
