Tshopo : Ilambi et Yafira ne verront pas un médecin pour bientôt, l’Ordre des médecins annonce des mesures conservatoires

Redaction
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Kisangani, le 15 octobre 2025 — La situation reste tendue dans certaines zones de la province de la Tshopo, où exercer la médecine devient un véritable risque de mort. Face à cette insécurité grandissante, le Conseil provincial de l’Ordre des médecins de la Tshopo a décidé de prendre des mesures conservatoires pour protéger ses membres.

Lors d’un point de presse tenu ce mardi dans son office à Kisangani, entouré des membres du conseil et des syndicats des médecins, le président du Conseil, Docteur Patrick Buname, a annoncé la suspension de toute mission médicale dans les localités d’Ilambi et de Yafira, jusqu’à nouvel ordre.

> « Aucun médecin ne pourra se rendre dans ces deux localités tant que nous n’avons pas des garanties suffisantes sur leur sécurité », a-t-il déclaré d’un ton ferme.

 

Désormais, toute intervention médicale dans ces zones devra répondre à deux conditions strictes : la présence d’agents locaux pour accompagner les médecins, et la garantie préalable de leur sécurité par les autorités compétentes. En l’absence de ces conditions, « aucune visite ne sera autorisée », a précisé le Dr Buname.

Ces décisions découlent des résolutions de l’assemblée générale extraordinaire convoquée après le drame survenu à Isangi. En effet, le 6 octobre dernier, quatre agents de santé en mission à Isangi ont été violemment pris à partie à la suite de rumeurs infondées d’atrophie ou disparition de sexe. Deux d’entre eux ont été lynchés et brûlés vifs, tandis que les deux autres ont subi le même sort avant que leurs corps ne soient jetés dans la rivière Lomami.

Ce drame a profondément choqué la communauté médicale et relancé le débat sur la sécurité du personnel soignant en milieu rural, souvent livré à la vindicte populaire.

Le Conseil provincial de l’Ordre des médecins appelle les autorités politico-administratives et sécuritaires à garantir la protection des prestataires de santé, afin que pareilles atrocités ne se reproduisent plus.

> « Nos médecins servent la vie, pas la mort. Ils méritent respect et sécurité dans l’exercice de leur noble mission », a conclu le Dr Patrick Buname.