Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a décidé de suspendre, pour une durée de 88 jours, la visibilité médiatique de Fils Benoît Mukoko Mudipanu sur l’ensemble du territoire national. La mesure est contenue dans un acte daté du 21 octobre 2026.
À l’origine de cette décision, le CSAC évoque des propos tenus récemment par le concerné, qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Selon l’organe de régulation des médias, celui-ci aurait appelé des jeunes à prendre les armes pour s’en prendre aux ressortissants occidentaux, notamment aux citoyens belges vivant en République démocratique du Congo.
Réuni en urgence à Kinshasa le 21 octobre, le Bureau du CSAC a jugé ces déclarations incendiaires, estimant qu’elles étaient susceptibles de troubler l’ordre public et de porter atteinte au droit à la vie.
Dans son argumentaire, le Conseil rappelle que la liberté d’expression doit s’exercer dans le respect des lois en vigueur. Il invoque notamment l’article 6 de sa loi organique, qui interdit, à travers les médias, l’apologie du crime, l’incitation à la violence ainsi que les discours à caractère xénophobe.
Le CSAC affirme également que cette sortie médiatique ne constituerait pas un cas isolé, reprochant à Fils Mukoko Mudipanu des prises de position antérieures qui, selon lui, seraient de nature à mettre en danger les vies humaines et la cohésion nationale.
Une interdiction étendue à tous les médias
À titre conservatoire, l’acte du 21 octobre prévoit un embargo médiatique de 88 jours à l’encontre de Fils Mukoko Mudipanu. Durant cette période, il lui est interdit de s’exprimer par l’intermédiaire des médias.
La décision s’impose également aux directeurs de programmes, aux médias en ligne et aux acteurs concernés des réseaux sociaux, appelés à en assurer le strict respect, sous peine de sanctions.
Par cette mesure, le CSAC entend faire respecter les règles encadrant la communication publique et prévenir la diffusion de discours qu’il considère comme susceptibles d’alimenter la violence et de menacer la coexistence pacifique en RDC.
