A Genève, Dismas Kitenge alerte l’ONU:  » Pas de paix sans justice en RDC »

Redaction
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Genève, 9 septembre 2025 – La session en cours du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a été marquée par une intervention forte du défenseur congolais des droits humains, Dismas Kitenge Senga, président du Groupe Lotus, organisation basée à Kisangani. Dans un plaidoyer empreint de gravité, il a dénoncé la persistance des atrocités commises à l’Est de la République démocratique du Congo et appelé à une mobilisation accrue de la communauté internationale.

Prenant la parole lors du dialogue interactif renforcé sur la situation des droits humains en RDC, M. Kitenge a rappelé que son pays « traverse l’un des pires moments de son histoire », évoquant l’« agression du Rwanda », la résurgence du mouvement rebelle M23 et la dégradation sécuritaire, humanitaire et sociale dans les zones affectées.

« Les populations civiles continuent de subir des violences multiformes et extrêmes : enrôlement forcé des jeunes, violences sexuelles massives contre les femmes et les filles, attaques contre les humanitaires, les journalistes et les défenseurs des droits humains », a-t-il déclaré. Selon lui, ces exactions sont assimilables à des crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Entre guerre et dérives des forces loyalistes

Tout en dénonçant les exactions des groupes armés et rebelles, Dismas Kitenge a pointé du doigt les responsabilités de l’armée congolaise et des milices d’autodéfense Wazalendo. Il a exhorté ces forces à protéger efficacement les civils et à se conformer au droit international humanitaire, notamment en s’abstenant de violences sexuelles, de tortures et d’exécutions sommaires.

Il a également alerté sur la réduction de l’espace civique en RDC, marquée par « l’escalade des arrestations arbitraires, les détentions illégales, les atteintes au droit à un procès équitable et le rétablissement de la peine de mort ».

Pas de paix sans justice

Le président du Groupe Lotus a insisté sur la nécessité d’une justice transitionnelle crédible. Selon lui, la mise en œuvre du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV) et de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes (CIAVAR) doit être appuyée pour restaurer la confiance des populations et briser le cycle de l’impunité.

« Pas de paix sans justice, et sans justice, pas de paix durable », a martelé M. Kitenge, appelant à élargir le mandat de la Mission d’établissement des faits de l’ONU à d’autres provinces affectées par les conflits, notamment l’Ituri, le Tanganyika et la Tshopo.

Une session sous tension diplomatique

Aux côtés des organisations de la société civile, plusieurs voix officielles se sont exprimées dans la salle :

  • Guillaume Ngefa, ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux,
  • Samuel Mbemba, ministre des Droits humains,
  • Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias,
  • ainsi que Mme Bintou Keita, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC,
  • et l’experte internationale du Haut-Commissariat aux droits de l’homme sur la RDC.

Un appel à l’action internationale

En conclusion, Dismas Kitenge a exhorté le Conseil des droits de l’homme à renforcer le soutien au Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) et à accélérer la création d’une Commission d’enquête internationale, réclamée de longue date par la société civile congolaise.

« Ce n’est pas le moment d’abandonner les droits humains en RDC. Bien au contraire, il faut les renforcer », a-t-il conclu.