Une vive tension institutionnelle a secoué, ces derniers jours, le Conseil communal de Kabondo, à Kisangani, à la suite d’une pétition initiée par un groupe de conseillers communaux réclamant le retrait de confiance et la déchéance des membres du bureau de cet organe délibérant. Déposée le 27 janvier dernier, cette démarche a ouvert une séquence politique délicate, révélatrice des fragilités qui entourent encore le fonctionnement de certaines institutions décentralisées.
Selon les pétitionnaires, le règlement intérieur du Conseil communal est pourtant clair : quarante-huit heures après le dépôt d’une pétition visant le bureau, un bureau d’âge doit être installé afin d’examiner la requête. Or, contre toute attente, le président du Conseil communal, André Makanza, convoque une séance plénière le 30 janvier, non pas pour traiter la pétition, mais pour clôturer la session budgétaire en cours.
Cette initiative est perçue par les signataires de la pétition comme une manœuvre dilatoire. En réaction, ils décident de bloquer l’accès à la salle des plénières, empêchant ainsi la tenue de la séance. Le bras de fer institutionnel dégénère alors en une crise ouverte, paralysant le fonctionnement normal du Conseil communal.
Informé de la situation, le ministre provincial ad intérim de l’Intérieur et Sécurité, Ghislain Mogenya Baraka, se rend sur place pour tenter de désamorcer la crise. Il est accompagné de l’inspecteur provincial de la territoriale, du chef de la division provinciale de la décentralisation ainsi que du maire adjoint de la ville de Kisangani, signe de l’importance accordée à cet épisode institutionnel.
Dans un premier temps, le ministre provincial reçoit les membres du bureau du Conseil communal afin de les écouter. À l’issue de ces échanges, le président du Conseil, André Makanza, prend la parole pour livrer sa version des faits et justifier la convocation de la plénière litigieuse.
Le patron provincial de l’Intérieur reçoit ensuite les pétitionnaires. Interrogé sur les motivations de la démarche, Pierre Bingaya Kasimu, initiateur de la pétition, expose les griefs retenus contre le bureau du Conseil communal, évoquant notamment des manquements dans la gestion et le respect des textes qui régissent l’organe délibérant.
Après avoir entendu séparément les deux camps, Ghislain Mogenya Baraka organise une confrontation directe entre les parties, dans l’objectif de trouver une issue pacifique à ce différend institutionnel. L’autorité provinciale insiste sur la primauté du dialogue, du respect des procédures légales et de la stabilité des institutions locales.
Concernant la salle des plénières, scellée dans le contexte de la crise, le ministre provincial exige son descellement immédiat, rappelant que ce bâtiment incarne le « palais de la démocratie » communale. L’ordre est exécuté sans résistance, marquant un premier pas vers l’apaisement.
Profitant de cette accalmie, Ghislain Mogenya Baraka adresse un message ferme aux deux parties, les appelant à privilégier l’intérêt général de la population de Kabondo au détriment des querelles internes.
Une fois le calme rétabli, le président du Conseil communal, André Makanza, convoque à nouveau la plénière avortée, fixée cette fois au lundi 2 février 2026, avec l’espoir d’un retour à un fonctionnement normal et responsable de l’institution.
Cette crise, désormais contenue, rappelle l’urgence de renforcer la culture démocratique, le respect des textes et le dialogue au sein des institutions issues de la décentralisation, afin d’éviter que des divergences politiques ne paralysent durablement l’action publique locale.
JRAD/ FROK
