À Kisangani, l’accès à l’eau potable relève de plus en plus du parcours du combattant. Dans plusieurs quartiers de la ville, les robinets restent désespérément secs durant des semaines entières, obligeant les ménages à s’adapter à une réalité aussi humiliante qu’épuisante. Face à cette situation jugée intenable, des voix s’élèvent, dont celle de Maître Jean-François Alauwa, avocat au barreau de la Tshopo, qui a publiquement exprimé son ras-le-bol.
Pour cet homme de droit, la responsabilité de cette précarité incombe clairement à l’entreprise publique chargée du traitement et de la distribution de l’eau, la REGIDESO. Il dénonce une gestion qu’il qualifie d’archaïque et déconnectée des réalités quotidiennes des populations de Kisangani. « À deux heures du matin, les citoyens devraient dormir paisiblement, et non se lever pour puiser de l’eau qui ne coule que rarement, souvent à la veille de la fin du mois », fulmine-t-il.
Au-delà de l’irrégularité de la desserte, Maître Alauwa fustige surtout un système qu’il estime injuste et pénalisant pour les usagers. Selon lui, l’eau ne coule que sporadiquement, mais les factures, elles, arrivent régulièrement, « salées et pimentées », sans tenir compte du calvaire vécu par les abonnés. Une situation qui alimente un profond sentiment d’injustice sociale, dans une ville où l’eau potable devrait être un droit fondamental et non un luxe.
L’avocat appelle ainsi la REGIDESO à assumer pleinement ses responsabilités de service public. Il l’exhorte à rompre avec les pratiques dépassées, à moderniser sa gestion et, surtout, à instaurer une communication transparente avec sa clientèle, c’est-à-dire la population. Informer régulièrement les habitants sur les travaux, les perturbations et les perspectives d’amélioration de la desserte apparaît, selon lui, comme un minimum de respect dû aux usagers.
À travers cette prise de position, c’est un cri d’alarme citoyen qui est lancé. À Kisangani, la question de l’eau potable ne relève plus seulement de la technique ou de la logistique : elle s’impose désormais comme une revendication sociale majeure, appelant des réponses urgentes, responsables et humaines.
FROK
