Samuel Kayumba n’est plus. Ce berger du renouveau charismatique catholique à la cathédrale Sainte Thérèse de l’enfant Jésus d’isiro est décédé jeudi 20 mars 2025. Des réactions fusent de partout pour saluer la mémoire de ce grand homme. C’est le cas du professeur Ursule LELO DI-MAKUNGU, enseignant à la faculté de droit à l’université de Kisangani. Dans son message parvenu à la rédaction de depechesdelatshopo.com, cet ancien élève de l’illustre disparu utilise des mots justes pour vanter les mérites de feu Samuel Kayumba. Il écrit :
Il est des enseignants qui marquent une vie bien au-delà des salles de classe, des éducateurs dont la voix résonne encore longtemps après que la cloche ait sonné la fin du dernier cours. Le vénérable Professeur Samuel KAYUMBA fait partie de ceux-là.
À l’Institut Kizito d’Isiro, où il a exercé son art pédagogique avec une élégance rare, le Professeur Kayumba n’enseignait pas simplement le français. Il l’incarnait. Chaque mot qu’il prononçait, chaque phrase qu’il construisait portait en elle une leçon de langue, mais aussi de vie.
Ses élèves n’apprenaient pas seulement les règles de grammaire ou l’art de la dissertation ; ils découvraient une nouvelle façon de penser, de s’exprimer et, surtout, de croire en eux-mêmes.
Un enseignant, un modèle
Pour beaucoup, dont moi-même, le Professeur Kayumba fut bien plus qu’un enseignant : il était une source d’inspiration. Il avait cette capacité rare de transformer une salle de classe en un véritable théâtre de la pensée, où la littérature devenait vivante, vibrante, et où chaque élève se sentait capable de repousser ses propres limites.
Je me souviens encore de sa voix, posée et bienveillante, portant ces tournures élégantes et ces mots soigneusement choisis. Il ne se contentait pas de corriger nos fautes ; il formait nos esprits, affinait notre raisonnement et éveillait en nous la passion du savoir.
Son enseignement ne se limitait pas aux murs de l’école. Il nous apprenait à regarder le monde avec curiosité et exigence, à voir au-delà des apparences, à chercher toujours le mot juste, la pensée précise.
Un héritage vivant
Aujourd’hui, en tant que Professeur, je réalise à quel point son influence continue de guider mes pas. Je suis devenu enseignant à mon tour, et dans ma manière d’enseigner, je retrouve souvent des fragments de lui : une exigence empruntée à son intransigeance bienveillante, une méthode calquée sur ses pratiques rigoureuses, une passion qui trouve racine dans la sienne.
Je me surprends parfois à répéter certaines de ses phrases, comme pour prolonger son héritage. Il m’a appris que l’enseignement n’est pas qu’une transmission de savoirs ; c’est une mission, un engagement, un acte d’amour envers les générations futures.
Un maître ne meurt jamais
Si son départ laisse une douleur immense et un vide difficile à combler, ses leçons restent immortelles. Le professeur Samuel Kayumba a formé bien plus que des élèves : il a forgé des esprits.
Aujourd’hui, il n’est plus là pour corriger nos fautes, mais il vit dans chacun de ses anciens élèves, dans chaque phrase que nous écrivons avec soin, dans chaque idée que nous défendons avec conviction.
Reposez en paix, cher Maître.
Votre plume s’est arrêtée, mais vos mots, eux, continuent de voyager.
Avec une gratitude infinie,
Professeur Ursil LELO DI MAKUNGU
