La situation sanitaire se détériore dangereusement dans le village de Bolila, localité de la chefferie des Yaliwasa, située à environ 436 kilomètres de Kisangani, dans le territoire de Basoko. En mission d’itinérance administrative dans cette contrée enclavée, Sa Majesté le chef Jean Francis Ilinga Mokonzi Bouwesi tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie d’« urgence sanitaire préoccupante ».
Selon les informations recueillies sur place, plus de douze cas de choléra ont été enregistrés dans la zone de santé rurale de Yalimbongo, tandis qu’au moins quatorze cas de Mpox (variole simienne) sont rapportés dans les zones de santé de Yalimbongo et de Basoko, ainsi que dans leurs environs immédiats. Des chiffres qui, dans un contexte de faible couverture médicale et d’accès difficile aux soins, font craindre une propagation rapide.
Double menace épidémique
Le choléra, maladie diarrhéique aiguë d’origine hydrique, se propage principalement par la consommation d’eau contaminée et par le manque d’hygiène. Dans des villages où l’accès à l’eau potable demeure limité et où les infrastructures d’assainissement sont quasi inexistantes, la létalité peut rapidement augmenter en l’absence de prise en charge adéquate par réhydratation orale ou intraveineuse.
La Mpox, quant à elle, est une maladie virale transmissible par contact étroit avec une personne infectée ou des objets contaminés. Elle se manifeste notamment par des éruptions cutanées, de la fièvre et un affaiblissement général. La promiscuité et le déficit d’information communautaire constituent des facteurs aggravants.
Une population livrée à elle-même
Sur le terrain, la détresse est palpable. « Il n’y a ni vaccins ni médicaments pour soulager les malades », alerte le chef Jean Francis Ilinga Mokonzi Bouwesi. Les structures sanitaires locales, déjà fragiles, peinent à contenir la flambée. Le manque d’intrants médicaux, de personnel qualifié et de moyens logistiques complique davantage la riposte.
La distance séparant Bolila des grands centres urbains, combinée à l’état des voies de communication, ralentit l’acheminement d’éventuels secours. Dans ces conditions, chaque jour de retard pourrait favoriser une extension géographique des cas.
Appel pressant aux autorités
Depuis Bolila, le chef coutumier appelle les autorités sanitaires provinciales et nationales, ainsi que les responsables politico-administratifs, à une intervention d’urgence. Il plaide pour l’envoi immédiat d’équipes médicales, de kits de prise en charge du choléra, de vaccins disponibles contre la Mpox, ainsi que pour le renforcement de la surveillance épidémiologique dans les zones de santé concernées.
Au-delà de la réponse immédiate, cette nouvelle alerte met en lumière la vulnérabilité persistante des zones rurales face aux maladies épidémiques. Elle rappelle la nécessité d’investir durablement dans l’accès à l’eau potable, l’assainissement, la vaccination et l’éducation sanitaire communautaire.
FROK
Tshopo : alerte sanitaire à Bolila, plus de 12 cas de choléra et 14 cas de Mpox signalés, sa Majesté Francis Ilinga crie au secours
